Depuis 2020, des cigarettes électroniques jetables appelées « puffs » sont commercialisées en Europe et popularisées en France. Ces dernières années, de plus en plus de jeunes succombent à cette tendance, bien qu’elle soit nocive pour la santé et l’environnement.
En 2024, 39 % des jeunes déclarent consommer la puff, et depuis, le phénomène des cigarettes électroniques jetables ne cesse de se développer. Fraise, framboise ou encore passion, les puffs mènent une rude concurrence aux cigarettes, qu’elles soient électroniques ou non. Rentables en raison de leur coût moindre entre 10 et 15 euros dans les tabacs et perçues comme « cool » grâce à la diversité des goûts et surtout à des packagings plus colorés les uns que les autres.
Pour certains adolescents, ce n’est pas une question d’argent mais plutôt une envie de «romancer» leur vie, déclare Zia, jeune lycéenne de 15 ans. Marchant dans la rue du Capitole à Toulouse, elle s’apprête à rejoindre son amie Jade. Puff à la main, elle partage son expérience. “Je fumais pas de base mais j’ai été influencé par mes amies même si c’était de mon plein gré.” déclare Jade. Derrière un simple usage du quotidien se cache une relation particulière. « Ça peut paraître bizarre, mais ça me motive à faire des choses. Par exemple, quand je dois réviser, je sais que je vais pouvoir fumer avec mes amies, donc j’y vais. » affirme Zia.
Pour Jade, c’est différent après avoir essayé différent type de vapotage les puffs réunissent ce qu’elle recherche : “Il y a de la nicotine, des goûts différents c’est sympa mais j’avoue que des clopes ça fait toujours plaisir”. Ces jeunes filles ont commencé à fumer il y a deux ans, à l’âge de treize ans. D’abord un choc pour leurs parents, cette situation est aujourd’hui banalisée, au point qu’ils leur procurent désormais leurs vapoteuses.
Au centre commercial Balma-Gramont, le vendeur confirme ce propos “Moi je vérifie l’âge quand ils ont l’air jeunes mais les ados envoient souvent un adulte pour acheter des puffs” , affirme-t-il. Que ce soit un parent ou un étranger les adolescents finissent par se procurer leurs vapoteuses jetables. De plus en plus de transactions passent via les réseaux sociaux ( snap, Tiktok ) ou les sites internets ne vérifiant pas l’âge légal.
Ces cigarettes électroniques jetables peuvent contenir jusqu’ à 20 mg/ml de sels de nicotine… pour celles fabriquées au sein de l’Union Européenne et 50 mg/ml pour certaines marques vendues en France. Cette teneur en nicotine est un problème pour les jeunes accentuant le côté addictif du produit.
Un fléau pour l’environnement
L’aspect environnemental s’ajoute aux questions soulevées par les puffs. La vapoteuse jetable constitue un déchet supplémentaire, venant s’ajouter aux 4 500 milliards de mégots jetés dans l’environnement chaque année. En raison des composants chimiques utilisés pour créer les cigarettes électroniques jetables : batteries aux métaux lourds, composants électroniques, plastique, nicotine. Leur conception devient une source de déchets dangereux pour l’environnement, et leur recyclage reste une zone d’ombre. Il n’existe aucune indication précise concernant la manière de les jeter ni sur la possibilité de les recycler. Selon les sites spécialisés dans les cigarettes électroniques, la solution la plus adaptée serait de jeter les puffs en déchetterie ou dans les boîtes destinées aux piles usagées ou aux déchets électroniques. Mais le problème demeure : il est difficile de respecter ces consignes de tri.


