Chaque année, une partie du pain et des galettes produits en France finit à la poubelle. À Toulouse, le gaspillage varie fortement selon les boulangeries. Entre chaînes qui jettent encore des sacs entiers d’invendus et artisans qui tentent de tout transformer, les pratiques ne sont pas les mêmes.
Chaque mois de janvier, la galette des rois s’invite sur toutes les tables. Mais derrière ce temps fort de la boulangerie française se cache une autre réalité celle des invendus. En France, près de 10 % du pain produit n’est pas consommé, soit plus de 150 000 tonnes jetées chaque année, selon l’ADEME. Un gaspillage que certaines boulangeries tentent aujourd’hui de limiter.
Le gaspillage serait davantage marqué dans certaines chaînes de boulangerie. Élise, ancienne vendeuse, en témoigne : « On jetait parfois plus de dix kilos de pain et de viennoiseries par jour. Les galettes qui n’étaient pas vendues étaient transformées, mais une grande partie finissait malgré tout à la poubelle. » Une réalité qui interroge les modèles de production, souvent basés sur des volumes importants et une standardisation de l’offre.
« On transforme nos invendus de pain en croûtons »
À l’inverse, certaines boulangeries artisanales tentent de limiter au maximum les pertes. Installée dans le quartier Saint-Agne, au cœur de Toulouse, la Boulangerie d’Angéline mise sur des farines bio, des produits de qualité, majoritairement locaux et labellisés. Engagée de longue date contre le gaspillage, l’enseigne a renforcé ses pratiques depuis la période du Covid. « On transforme nos invendus de pain en croûtons, et certaines viennoiseries en nouveaux produits, comme des carrés à la pistache », explique le gérant, Arnaud Gaset. À l’époque, les pains non vendus étaient également recyclés en farine ou en chapelure. Une pratique aujourd’hui plus difficile à maintenir en raison d’un manque de temps.
Dans d’autres boulangeries artisanales de l’agglomération, à Saint-Simon, Blagnac ou Tournefeuille, les galettes disparaissent souvent très vite. « Concernant les galettes des rois, le gaspillage reste limité. On calcule au plus juste, il n’y a pas vraiment de pertes. On calcule tout », confie Natacha de la boulangerie de La Grignette. Lorsque des invendus subsistent, ils sont revendus à prix réduit le lendemain matin ou proposés via Too Good To Go, une application anti-gaspillage désormais bien ancrée dans le quotidien des artisans. Une solution aussi plébiscitée par les consommateurs, notamment les étudiants.« Avec Too Good To Go, j’ai déjà pu récupérer des tranches de galettes avec Too Good To Go pour trois, quatre euros maximum. C’est économique et je sais que ça évite de jeter « , témoigne Lucas, étudiant à Toulouse.
🥖 Boulangeries Too Good To Go
Carte GPS – Toulouse & métropole
Ilona Esposito
