En juillet dernier, l’association de protection animale PAZ déposait plainte contre Decathlon, relançant le débat sur la vente de poissons vivants destinés à la pêche. Si l’ONG dénonce une pratique qu’elle juge contraire au bien-être animal, les pêcheurs défendent une activité encadrée et réglementée
L’association de protection animale PAZ a saisi le tribunal judiciaire de Toulouse contre la chaîne de magasins Decathlon en juillet dernier. En cause : la vente de poissons vivants destinés à servir d’appâts pour la pêche, une activité strictement encadrée par la réglementation française, notamment par le code de l’environnement. D’après l’association, certains établissements n’auraient pas les autorisations administratives pour vendre ce genre de produits.
Mais derrière cette plainte, c’est avant tout la maltraitance provoquée par la pêche au vif qui est pointée du doigt. « Ces animaux sont destinés à être transpercés vivants par un hameçon, planté dans la bouche ou dans le dos. Pour nous, c’est de la torture. Il faut mettre un terme à ce commerce cruel et illégal », se désolait la cofondatrice de PAZ, Amandine Sanvisens, quelques jours après la plainte.
L’association dénonce aussi les conditions de détention des poissons. Elle estime notamment que la densité des aquariums est bien trop élevée pour leur bien-être. Des membres de l’association ont observé que cet agglutinement amène les poissons à se frotter les uns aux autres, leur provoquant blessures et infections. « On a constaté que des cadavres flottaient parmi les vivants, sans être retirés », s’attriste Amandine. Une pétition déposée par l’association a recueilli 16 997 signatures depuis sa mise en place.
Une vision caricaturale selon les pêcheurs
Mais pour les pêcheurs, ces accusations de maltraitance viennent renforcer les stéréotypes qui entourent leur activité. « Dans ce cas-là, on ne fait plus rien. On arrête d’élever des poulets puisque certains sont enfermés. On ne passe plus la tondeuse parce que sinon on tue des sauterelles. Quand on conduit, on peut faucher des animaux », se scandalise un membre d’une fédération départementale de pêche, qui souhaite rester anonyme.
Pour lui, le secteur de la pêche souffre d’une image erronée de leur impact sur la biodiversité marine. « Oui on pêche, mais on est les premiers à alerter en cas de pollution d’un cours d’eau. Le mode de consommation des chasseurs-pêcheurs est plus viable écologiquement que de faire importer n’importe quel produit de pays étrangers. Nous, nous agissons pleinement pour faire perdurer les milieux aquatiques. »

