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Airbus plante 300 arbres : bonne action ou Greenwashing ?

Airbus plante 300 arbres à Andromède. /Lucie Jodot

Dans le cadre de son projet « Un employé, un arbre », Airbus plante 300 nouveaux sujets à Andromède. Véritable bonne action ou greenwashing ? On décrypte l’actualité.

Depuis 2023, la Ville de Blagnac a décidé de soutenir Airbus dans le cadre de son projet « Un employé, un arbre ». Et en ce début d’année 2026, 300 nouveaux spécimens ont été plantés ce jeudi 15 janvier dans le quartier Andromède, le long du boulevard Henri Ziegler. En 2025, c’est près de 572 sujets qui ont été plantés par l’avionneur et l’association « Arbres et Paysages d’Autan ». En 2023 et 2024, pas moins de 1750 arbres étant plantés dans un parc de Saint-Martin-du-Touch.

L’objectif partagé par Airbus est de revégétaliser des sites, réduire ainsi les îlots de chaleur et rassembler les employés autour des valeurs d’engagement portées par cette initiative. Mais est-ce que l’avionneur peut réellement réduire son empreinte carbone en plantant des arbres ? Nous allons essayer de répondre à cette question.

Près de 10 kg de CO2 consommés par passager

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, l’aviation est l’un des moyens de transports les plus polluants. L’avion produirait ainsi 285 grammes de CO2 par passager et par kilomètre parcouru, contre environ 50 grammes pour un voyageur parcourant la même distance en voiture.

Seulement, ces émissions varient selon les modèles d’avions. Nous prendrons donc comme exemple les deux modèles les plus populaires de l’avionneur : l’A320 et l’A320 neo. D’après mediachimie et Globometer, on estime qu’un A320 consomme environ 2,8L/100km par passager. Il est bon de savoir qu’un litre de kérosène émet environ 3,01 Kg de CO2. Par un calcul rapide, on peut comprendre qu’un Airbus A320 émet environ 8,43 Kg de CO2 par passager, et ce tous les 100km.

Avec sa nouvelle game d’avions « neo », Airbus réduit sa consommation carbone. Les Sharklets (ailettes en bout d’aile) designés sur les « neo » améliorent l’aérodynamisme et l’autonomie des avions, permettant de réduire sa consommation de presque 20%. Ainsi, un A320 neo ne consommerait « plus que » 2,5 L par passager tous les 100 Km, soit 7,53 Kg de CO2 /passager /100 km.

Sharklets. /Crédit : Wikimedia Commons.

La dose de CO₂ que peut « capturer » un arbre varie selon son espèce et son âge. D’après EcoTree, un arbre absorbe en moyenne entre 10 et 40 kg de CO₂ par an.

Un vol à peine compensé

En partant de ce postulat, procédons à de nouveaux calculs. Un vol (aller simple) Toulouse – Paris dure 1 h 10 et l’avion parcours environ 590 km. Un avion A320 peut prendre environ 150 passagers au minimum. Pour cet aller, l’avion consommera donc environ 2 478 litres de kérosène, soit 7,458 Tonnes de CO2. Au mieux avec un vol en A320 neo, l’avion consommera 2 212 litres de kérosène, soit 6,658 Tonnes de CO2.

Pour compenser un vol aller Toulouse – Paris, il faudrait donc entre 190 et 750 arbres pour compenser un seul vol aller entre Toulouse et Paris.

La plantation de 300 arbres dans le quartier Andromède ne permet de compenser qu’une part très marginale des émissions générées par la flotte d’Airbus. Une initiative positive sur le plan symbolique, mais dont l’impact réel interroge au regard des volumes de CO2 en jeu, et qui peut s’apparenter à une stratégie de greenwashing.

🌱 Le saviez-vous ?

Le greenwashing (ou « écoblanchiment ») désigne une stratégie de communication utilisée par certaines entreprises pour se donner une image écologique sans que leurs pratiques le soient réellement.

Par exemple : des emballages verts, des mots comme “naturel”, “éco” ou “responsable”, sans preuves concrètes ni labels officiels. Résultat : le consommateur pense faire un choix écologique, alors que l’impact réel du produit reste inchangé.