À Fontaine-Lestang, les puces des couturières attirent un public toujours plus nombreux. L’événement illustre le retour en force de la couture, porté par des préoccupations environnementales.
Ce dimanche matin, la maison de quartier de Fontaine-Lestang est particulièrement animée. Toute la journée, elle accueille des passionéns de couture sous toutes ses formes pour les puces des couturières. Pour sa douzième édition, l’événement rassemble plusieurs stands au rez-de-chaussée du bâtiment, tenus par des particuliers venus vendre leur trop-plein de mercerie mais aussi de tissus, alors que l’étage est consacré à des ateliers. Il y a eu beaucoup de communication cette année, à l’échelle locale mais aussi nationale, preuve de l’engouement autour de ce type de pratique artisanale. Un intêret que traduisent les chiffres. Soizic, l’alternante qui se charge de la communication, et accessoirement de l’événementiel, se réjouit : « Dans la matinée il y avait près de 530 personnes présentes. Nous sommes déjà en train d’exploser les chiffres comparés à l’année dernière, où l’on comptait environ 600 visiteurs sur toute la journée. »

Lilou et Lola aux puces des couturières © DJAOUTI Meïssa
Un nouveau public
Véronique, bénévole, observe que les jeunes générations s’intéressent de plus en plus à la couture, au travail manuel en général. Elle lance avec un sourire sincère : « On sent que ça revient en force. ». Sans surprise, la slow fashion propose un modèle de fabrication de vêtements dans le respect de l’environnement et des droits humains, et privilégie l’utilisation de matières à faible impact environnemental, une approche qui séduit. Le numéro de juillet du magazine de l’ADEME, l’agence de la transition écologique, rappelait que ce sont 800 000 tonnes de textiles d’habillement, linge de maison et chaussures mises sur le marché français chaque année. Ce chiffre peut expliquer ce qui pousse les jeunes à être plus sensibles à ces enjeux. C’est le cas de Lola et Lilou, présentes aux puces après avoir découvert l’évènement relayé par des médias locaux. Adeptes du crochet depuis près de quatre ans, elles racontent que l’apprentissage se trouve au croisement de deux époques : « C’est entre la grand-mère qui t’apprend des tricks et TikTok, les deux générations se mélangent. », explique Lilou. Toutes deux reconnaissent le risque de surconsommer, c’est pourquoi elles trouvent leur bonheur dans le textile de seconde main, «C’est bien de voir qu’on peut les revendre, qu’il y a des solutions.», déclare Lilou. Lola ajoute : « Maintenant, je me rends compte qu’il y a tellement de pelotes qui dorment chez des grands-mères, et j’achète seulement en vide-grenier ou de seconde main. »

Le stand de Chloé © DJAOUTI Meïssa
Chloé, qui fait de la couture depuis environ sept ans, participe aux puces des couturières depuis trois ans. En plus d’y voir un moyen de vider ses stocks de tissus et de mercerie accumulés au fil du temps, elle salue l’initiative : «C’est vrai que c’est bien de pouvoir réutiliser plutôt que d’acheter du neuf dans les magasins. ». Les adeptes de couture n’aiment pas jeter, c’est pour cela qu’elle vend des morceaux de tissu à quelques euros, des prix bien inférieurs à ceux affichés en boutique.
Toujours selon l’ADEME, la France produit chaque année 1,7 million de tonnes de déchets textiles, dont 1,5 million qui ne peut pas être réutilisé directement. Mais seule une petite fraction est collectée pour le recyclage, elle représente 10 %, soit environ 110 000 tonnes.
DJAOUTI Meïssa


