Longtemps cantonnées au printemps, les allergies respiratoires s’installent désormais dès l’hiver. En Occitanie, la présence précoce de pollens, combinée à la pollution de l’air, expose de plus en plus de personnes à des symptômes allergiques en pleine saison froide. Un phénomène encore méconnu, mais bien réel, qui interroge à la fois nos environnements urbains et l’évolution du climat.
Contrairement à l’idée largement répandue, l’hiver n’est plus une période « blanche » pour les allergies respiratoires. Si le printemps reste la saison la plus connue pour la pollinisation, certaines espèces végétales commencent à libérer leurs pollens dès la fin de l’hiver, parfois même avant. En Occitanie, des arbres comme le cyprès ou le frêne peuvent entrer en pollinisation dès février, exposant les personnes allergiques à des symptômes en plein cœur de la saison froide.
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« Sur une définition purement saisonnière de l’hiver, entre décembre et mars, on peut tout à fait observer des allergies liées aux pollens », explique le Dr Laurent Guilleminault, pneumo-allergologue aux Hôpitaux de Toulouse. Pour les patients concernés, les manifestations peuvent être tout aussi intenses que celles observées au printemps, selon leur profil allergique.
Cette précocité s’inscrit dans une tendance plus large : l’allongement progressif des saisons polliniques, déjà documenté par les organismes de surveillance environnementale.
Pollution de l’air et pollens un cocktail aggravant
En hiver, la qualité de l’air devient un facteur déterminant dans l’intensité des symptômes allergiques. Chauffage résidentiel, trafic routier et conditions météorologiques défavorables favorisent l’accumulation de polluants atmosphériques, notamment les particules fines. Ces polluants fragilisent les muqueuses respiratoires et modifient la structure même des pollens, les rendant plus agressifs.
« La pollution altère les pollens et crée une inflammation des voies respiratoires, ce qui facilite leur pénétration dans l’organisme », précise le spécialiste. Résultat : des réactions allergiques plus marquées, même lorsque les concentrations polliniques ne sont pas exceptionnellement élevées.
Si l’exposition aux pollens n’est pas nécessairement plus forte en ville qu’en zone rurale, le contexte urbain, combinant pollens et pollution, peut accentuer les symptômes. Toulouse, comme d’autres grandes agglomérations, illustre bien cette interaction entre environnement, qualité de l’air et santé respiratoire.
Mieux distinguer allergies et infections hivernales
L’un des principaux enjeux reste la confusion fréquente entre allergies et maladies hivernales. Nez qui coule, éternuements, fatigue : les symptômes se ressemblent, d’autant plus que la pollinisation peut coïncider avec des épidémies virales.
Certains signes permettent toutefois d’orienter le diagnostic. La présence de fièvre, de courbatures ou de douleurs diffuses est davantage en faveur d’une infection. À l’inverse, des symptômes persistants sur plusieurs semaines, sans fièvre, peuvent évoquer une allergie saisonnière.
Face à ces situations, le Dr Guilleminault recommande d’adapter ses habitudes : surveiller les indices de pollution et de pollens, limiter l’activité physique extérieure lors des pics, aérer son logement de manière adaptée et consulter si les symptômes persistent. « Lorsque les mesures simples ne suffisent plus, un suivi médical permet d’envisager un traitement ou une désensibilisation », rappelle-t-il.
Au-delà des cas individuels, cette évolution interroge plus largement nos environnements de vie. L’allongement des saisons polliniques, couplé à une pollution atmosphérique persistante, souligne l’impact du changement climatique sur la santé respiratoire et la nécessité d’une information renforcée du public, y compris en hiver.


