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Bonbonnes de protoxyde d’azote :  une plaie à recycler ? 

Le gaz hilarant pose problème aux centres de tri de la collectivité

Le protoxyde d’azote devient un sujet important sur la santé et sur l’environnement. Ces bonbonnes de gaz hilarant jonchent les routes et s’entassent partout en France, sans trouver de réelle solution pour pouvoir les recycler.

Sur le périphérique toulousain, des messages d’alertes apparaissent sur les panneaux d’informations “Protoxyde d’azote : attention trous noirs au volant”. Le gaz hilarant, détourné en drogue festive, génère un déchet toxique sans solution simple. Dans des communes comme Milhaud, en 2023, plus de 10 tonnes de bonbonnes ont été récupérées dans la ville.  Les collectivités peinent à les collecter et recycler. Elles explosent dans les bennes, polluent et coûtent cher.

Chaque bonbonne piège un gaz à effet de serre puissant, dangereux pour la santé et le climat. Chez Elidem à Montpellier, une des seules entreprises locales à le recycler, le processus est strict. D’abord, ”il faut vider le gaz dans une atmosphère contrôlée pour éviter les fuites toxiques. Une fois cette étape terminée, il faut la guillotiner à l’aide d’un outil et la couper en deux, pour pouvoir recycler les deux métaux qui ne sont pas les mêmes”. Trois déchets issus d’une seule cartouche. 

Facture rejetée par tous

La société reçoit des appels quotidiens : mairies, police, douanes, saisies sur autoroute. « On traite tout, mais personne ne paie », déplore un des responsables de l’entreprise. Coût : 10 à 15 euros par bonbonne. Les collectivités refusent ce surcoût, faute de subventions de l’État. Résultat, des tonnes de cartouches sont abandonnées ou alors enfouies sous terre par faute de traitement. Et si elles le sont, elles finissent incinérées ou en décharge, avec risques d’explosion et pollution. 

D’un point de vue légal, une proposition de loi a vu le jour en janvier 2025. Le texte propose d’étendre l’interdiction de vente de protoxyde d’azote aux personnes âgées de plus de 18 ans dans tous les lieux publics, les commerces physiques ou en ligne. Le projet doit être discuté par les sénateurs.