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Pénurie d’œufs : les petits éleveurs s’en sortent mieux que les grandes surfaces

La Haute-Garonne compte plus de 230 élevages de volailles. ©Clémence Riot

Bio, plein air… Depuis plusieurs semaines, les œufs se font rares dans les grandes surfaces. Une pénurie partielle qui suscite interrogations et agacement chez certains consommateurs, et qui met en lumière les difficultés d’approvisionnement de la filière.

Dans les rayons du centre commercial de Blagnac, les réactions face à ces rayons vides sont très partagées. Pour Alain Lourmière, retraité, cette pénurie ne l’affecte pas. « Moi, j’ai des poules chez moi, je n’ai pas besoin d’acheter des œufs au supermarché. Et puis moi, j’ai besoin de savoir d’où vient ce que je consomme et ici, même quand il y a écrit bio, on n’est jamais vraiment certain. »

Pour Selyan Hamech, étudiant de 20 ans, ce n’est pas la même histoire. « Moi, je vais à la salle de sport six jours sur sept, j’ai besoin de manger pas mal de protéines, et les œufs, c’est une bonne alternative parce que c’est bien moins cher que la viande. Donc bon, pour moi, les œufs, c’est vraiment un très gros manque et ça m’oblige à compenser par du poulet, par exemple, mais du coup, ça me revient bien plus cher. »

Pour Karim aussi, cette situation est très frustrante. « On essaie de mieux consommer et finalement, ce sont toujours ces produits-là qui manquent », confie ce père de famille.

Face aux ruptures, les alternatives locales s’imposent

Un constat que partage Marie, éleveuse de poules pondeuses dans le Tarn. Dans son exploitation à taille humaine, la gérante de la ferme de Grazac élève plus de 300 poules réparties dans deux poulaillers. « Nous, on n’a pas vraiment été touchés comme les grandes filières. Les gens viennent directement à la ferme ou passent par des circuits courts. On a une production adaptée à notre clientèle, donc moins de ruptures. »

Selon elle, le problème vient surtout d’un système trop centralisé. « Les grandes surfaces fonctionnent avec des volumes énormes. Dès qu’il y a une hausse de la demande ou un souci logistique, tout se bloque. Les petits élevages, eux, sont plus souples. »

Son message aux consommateurs est clair : « Il faut diversifier ses habitudes. Aller voir les agriculteurs locaux, les marchés, les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Ça permet d’avoir des produits disponibles, de meilleure qualité, et de soutenir une agriculture plus durable. »

Pourquoi les rayons d’œufs sont vides ?

🥚 Pourquoi les rayons d’œufs sont-ils vides ? 🐓

Plusieurs facteurs expliquent les difficultés d’approvisionnement observées ces dernières semaines dans les grandes surfaces françaises.
🦠 La grippe aviaire toujours présente
Les élevages touchés par la grippe aviaire doivent abattre les poules infectées, ce qui réduit mécaniquement la production et ralentit le retour à la normale.
❄️ Des conditions météorologiques perturbatrices
La neige et la tempête Goretti, qui ont touché plusieurs régions de France, ont fortement ralenti, voire stoppé, les transports. Résultat : certaines livraisons d’œufs n’ont pas pu arriver jusqu’aux magasins.
🏗️ Une production en pleine adaptation
Le secteur de l’élevage traverse une phase de transition, notamment avec l’aménagement de près de 300 poulaillers et le déplacement de plus d’un million de poules pondeuses d’ici 2030, afin de répondre aux nouvelles normes de bien-être animal. Une adaptation qui pèse temporairement sur la production.
📈 Une forte demande des consommateurs
Produit peu coûteux et riche en protéines, l’œuf est mis en avant sur les réseaux sociaux et connaît un regain de popularité. Cette hausse de la consommation accentue les tensions sur les stocks.

Clémence Riot et Ilona Esposito