Bio, plein air… Depuis plusieurs semaines, les œufs se font rares dans les grandes surfaces. Une pénurie partielle qui suscite interrogations et agacement chez certains consommateurs, et qui met en lumière les difficultés d’approvisionnement de la filière.
Dans les rayons du centre commercial de Blagnac, les réactions face à ces rayons vides sont très partagées. Pour Alain Lourmière, retraité, cette pénurie ne l’affecte pas. « Moi, j’ai des poules chez moi, je n’ai pas besoin d’acheter des œufs au supermarché. Et puis moi, j’ai besoin de savoir d’où vient ce que je consomme et ici, même quand il y a écrit bio, on n’est jamais vraiment certain. »
Pour Selyan Hamech, étudiant de 20 ans, ce n’est pas la même histoire. « Moi, je vais à la salle de sport six jours sur sept, j’ai besoin de manger pas mal de protéines, et les œufs, c’est une bonne alternative parce que c’est bien moins cher que la viande. Donc bon, pour moi, les œufs, c’est vraiment un très gros manque et ça m’oblige à compenser par du poulet, par exemple, mais du coup, ça me revient bien plus cher. »
Pour Karim aussi, cette situation est très frustrante. « On essaie de mieux consommer et finalement, ce sont toujours ces produits-là qui manquent », confie ce père de famille.
Face aux ruptures, les alternatives locales s’imposent
Un constat que partage Marie, éleveuse de poules pondeuses dans le Tarn. Dans son exploitation à taille humaine, la gérante de la ferme de Grazac élève plus de 300 poules réparties dans deux poulaillers. « Nous, on n’a pas vraiment été touchés comme les grandes filières. Les gens viennent directement à la ferme ou passent par des circuits courts. On a une production adaptée à notre clientèle, donc moins de ruptures. »
Selon elle, le problème vient surtout d’un système trop centralisé. « Les grandes surfaces fonctionnent avec des volumes énormes. Dès qu’il y a une hausse de la demande ou un souci logistique, tout se bloque. Les petits élevages, eux, sont plus souples. »
Son message aux consommateurs est clair : « Il faut diversifier ses habitudes. Aller voir les agriculteurs locaux, les marchés, les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Ça permet d’avoir des produits disponibles, de meilleure qualité, et de soutenir une agriculture plus durable. »
🥚 Pourquoi les rayons d’œufs sont-ils vides ? 🐓
Clémence Riot et Ilona Esposito


