Rechercher

Orientation : l’environnement s’invite dans les choix de carrière des lycéens toulousains

Le salon s'est tenu du 8 au 10 janvier au MEET. © Éléane Clou

Entre choix d’orientation et préoccupations climatiques, les lycéens toulousains sont aujourd’hui confrontés à une nouvelle préoccupation : quelle place pour l’environnement dans leur futur métier ? La semaine dernière, le salon Infosup a rassemblé au MEETT écoles et universités face à des jeunes en quête de réponses. Reportage.

Il est 9 heures du matin. Des bus déposent des lycéens en quête de réponses, confrontés à un choix décisif : celui de leur avenir. Dans les allées du salon Infosup, les stands sont répartis par thématiques. Pour certaines écoles, l’engagement environnemental est clairement affiché.

C’est le cas de l’école supérieure La Raque, qui propose plusieurs BTS en agronomie, analyse biotechnique ou encore gestion de l’eau. « Dans chacune de nos formations, il y a un volet sur l’environnement. Ce sont des sujets transversaux. Avant, c’était en arrière-plan. Maintenant, c’est vraiment devenu la matière qui a pris le plus d’ampleur », souligne Sophie, responsable de la formation. La sensibilisation ne s’arrête pas aux cours. « Notre résidence étudiante est un éco-campus, et on le dit aux lycéens qui viennent nous voir. On souhaite proposer une offre cohérente », ajoute-t-elle.

Ces formations gagnent en visibilité. À l’école MFR Valrance, qui propose un BTS de protection de la nature, le succès se confirme. « Ça fait plus de vingt ans que la formation existe, et il y a de plus en plus d’étudiants qui viennent de toute la France : Lille, Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine… », développe Marie-Anne, responsable pédagogique.

Pourtant, ces filières peinent encore à séduire massivement dans un contexte de crise agricole. « L’agriculture, en général, n’attire pas vraiment. Avec toute l’actualité médiatique, ça fait peur », confie Pascale, responsable du BTSA Anabiotec de l’école La Raque. Un constat partagé au niveau national : le ministère de l’Agriculture estime qu’il faudrait 7 000 nouveaux agriculteurs par an pour compenser les départs à la retraite. En 2025, seuls 5 000 jeunes diplômés sont entrés dans le secteur.

Quand les secteurs polluants verdissent les cours

Qu’en est-il des formations issues de secteurs historiquement plus polluants, comme l’aéronautique ou l’agroalimentaire ? Là aussi, le discours évolue.

Souvent pointée du doigt, l’aviation est responsable d’environ 2 à 2,5 % des émissions mondiales de CO₂. À l’IPSA, école d’ingénieurs aéronautiques, la transition passe avant tout par la sensibilisation. « On a de plus en plus de matières pour prendre conscience de notre empreinte carbone », explique Anouk, étudiante en 4ème année. Les enseignements intègrent désormais des cours de décarbonation, d’analyse du cycle de vie et de conception d’avions plus verts.

Du côté de l’agroalimentaire, secteur critiqué pour ses externalités négatives (pollution des sols, consommation d’eau), les écoles revendiquent un engagement de terrain. À l’école d’ingénieurs de Purpan, l’approche se veut pragmatique. « On est assez engagés, mais on ne le met pas forcément en avant lors d’événements comme Infosup. Pour nous, c’est normal, c’est notre métier », explique Virginie, responsable pédagogique.

Un discours que les étudiants s’approprient naturellement. « On travaille dehors, avec les insectes, les vaches, on fait du fromage… Notre objectif, c’est d’améliorer la vie du vivant et de la nature », raconte Timéo, étudiant en troisième année. »

« Tout ce que je veux, c’est trouver une école qui me plaît et m’accepte »

Mais chez les lycéens, l’environnement n’est pas toujours un critère déterminant. « Quand j’ai fait mes recherches, je n’ai pas apporté d’importance à savoir si l’école faisait attention à l’environnement. Tout ce que je voulais, c’était trouver une école qui me plaise et m’accepte », confie Anouk, étudiante à l’IPSA.

Léa, lycéenne, partage ce pragmatisme. « Ceux qui veulent travailler dans l’environnement vont évidemment regarder ce critère. Mais moi, je veux travailler dans l’aviation, donc je choisis surtout une bonne école qui me permettra de trouver du travail après. »

Au fil des stands, un constat se dessine : l’environnement est de plus en plus présent dans les formations, y compris dans les secteurs historiquement polluants. Mais pour de nombreux étudiants, il reste un critère secondaire face à une priorité plus urgente : être accepté via Parcoursup. En 2025, près de 160 000 candidats se sont retrouvés sans aucune proposition d’admission.