Trier ses déchets, boire dans une gourde, acheter bio, donner ses vêtements… À force d’être répétés certains gestes du quotidien sont devenus des réflexes et assimilés comme des gestes bénéfique pour l’environnement. Mais qu’en est-il réellement.
Derrière les bonnes intentions du quotidien se cachent parfois des comportement pas aussi bénéfiques que l’on ne pense. Sans le savoir, nous adoptons des comportements qui soulagent souvent bien plus notre conscience que la planète.
Le bio ne veut pas toujours dire écolo
Le label bio rassure. Il évoque une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Mais un produit bio importé de l’autre bout du monde peut avoir une empreinte carbone très élevée, notamment à cause du transport.
Un avocat bio cultivé hors saison ou une tomates bio produite sous une serre chauffée ne sont pas toujours plus écologiques qu’un produit local non labellisé. La saisonnalité et la provenance restent des critères essentiels, souvent oubliés au profit du simple logo vert.
Trier ne suffit pas à sauver la planète
Le tri est souvent présenté comme LE geste écologique numéro un. Mais le recyclage n’est en réalité qu’une solution de fin de chaine. Avant d’être recyclé, un déchet a été produit, transporté puis emballé. Autant d’étapes déjà très polluantes.
Trier sans questionner sa consommation revient finalement à gérer le problème sans l’empêcher. Le véritable enjeu se situe en amont. Acheter moins, privilégier le vrac et réutiliser plutôt que jeter.

Le piège des objets « réutilisables »
Sacs en tissu, gourdes, mugs de bureau ou encore pailles réutilisables, ces alternatives au jetable sont devenues des symboles de l’écologie moderne. Pourtant, leur fabrication (notamment lorsqu’ils sont en coton) consomme énormément d’eau et d’énergie.
Un tote bag, par exemple, doit être utilisé des dizaines de fois avant de devenir réellement écologique. En accumuler plusieurs, souvent offerts ou achetés sur un coup de tête, annule totalement leur intérêt environnemental. Être écolo, ce n’est pas remplacer le jetable par du durable en masse, mais plutôt en utiliser peu mais dans le temps.

Donner ses vêtements : bonne action ou alibi moral ?
Donner ses vêtements est généralement vu comme un geste solidaire et écologique. Pourtant, une grande partie des vêtements collectés ne sont ni revendus ni recyclés. Beaucoup sont exportés à l’international, où ils perturbent les économies locales, ou finissent tout simplement détruits.
Le véritable impact se joue au moment de l’achat. Acheter moins, privilégier la seconde main, réparer ou porter ses vêtements plus longtemps reste bien plus efficace que de donner après avoir surconsommé.

Le ménage « vert » qui pollue quand même
Changer ses produits ménagers pour des versions écologiques est un progrès. Mais même un produit présenté comme respectueux de l’environnement peut devenir polluant s’il est utilisé en trop grande quantité. Multiplier les sprays “écolabellisés” ou surdoser les produits, même naturels, peut devenir polluant.
À l’inverse, certaines astuces de grand-mère, longtemps jugées dépassées, se révèlent souvent plus sobres et efficaces. Vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon noir ou encore citron suffisent à couvrir la majorité des besoins du quotidien. Utilisés avec parcimonie, ces produits simples limitent les emballages, les substances chimiques et les achats superflus.

Clémence Riot


