L’Occitanie abrite une nature exceptionnelle, mais celle-ci s’effrite sous la pression de l’urbanisation galopante, de l’agriculture intensive et d’espèces invasives. Entre expansion urbaine autour de Toulouse et invasion silencieuse de plantes venues d’ailleurs, l’équilibre se rompt. Et si nos gestes du quotidien jouaient aussi un rôle ?
« L’agriculture est indispensable parce qu’elle nous nourrit, mais elle a aussi un impact très lourd sur les sols, l’eau et la mer », alerte François Loiret, chargé d’étude faune à Écotone. La conversion d’anciennes prairies et d’espaces naturels en zones de production intensive épuise les sols. Parallèlement, l’étalement urbain s’intensifie, particulièrement autour de Toulouse.
« Environ 13 000 nouveaux habitants s’installent chaque année dans la région toulousaine. Il faut les loger, mais aussi les nourrir. Cette double pression réduit inexorablement les surfaces naturelles et menace les espèces qui en dépendent. »
La biodiversité menacée par des plantes envahissantes
Autre danger pour la biodiversité régionale : les espèces exotiques envahissantes. Introduites volontairement ou accidentellement par l’homme, elles supplantent progressivement les espèces locales. « De nombreuses plantes exotiques viennent coloniser les milieux naturels, au détriment de la flore locale », souligne François Loiret. En Occitanie, le Séneçon du Cap illustre parfaitement ce phénomène. Introduit au début du XXᵉ siècle à Mazamet via l’importation de laine depuis l’Argentine, il menace aujourd’hui les cultures et les espèces locales.
Dans les milieux aquatiques, la jussie est une plante à fleurs jaunes importée d’Australie et d’Amérique du Sud à des fins décoratives. Mais elle pose des problèmes similaires. « Elle modifie complètement l’écologie des lacs et de certains secteurs de la Garonne. Les plantes et les poissons qui y vivaient ne parviennent plus à se développer », poursuit l’expert. Selon lui, certaines espèces animales sont également menacées, comme l’écrevisse à pattes blanches, qui pourrait disparaître dans les prochaines décennies en raison de la pollution des cours d’eau et de la concurrence d’espèces invasives.
Préserver la biodiversité, c’est aussi changer nos habitudes
À son échelle, Louise Barruel, 21 ans, étudiante en fin de cursus en science politique spécialité environnementale, tente elle aussi de préserver la biodiversité. Consommation raisonnée, réduction des déchets, attention portée aux produits qu’elle achète :
« Ce ne sont que de petits gestes, mais ils permettent au moins de ne pas aggraver la situation. »
Contrairement aux idées reçues, le simple fait de « se rapprocher de la nature » peut parfois lui nuire. « Se promener hors des sentiers, faire du ski de randonnée dans des zones préservées… On pense bien faire, mais ces pratiques dérangent fortement la faune », rappelle François Loiret. Pour lui, « laisser des espaces réellement sauvages est essentiel. »


