Pensé comme un outil de captation des déchets flottants, le dispositif installé sur la Garonne est encore en phase d’observation. Les premiers mois de fonctionnement donnent à voir la diversité des déchets transportés par le fleuve.
Installé sur la Garonne, à hauteur de Blagnac et du pont d’Ancely, le dispositif de captation de déchets Plastic Vortex est en fonctionnement depuis septembre. Présenté comme un barrage écologique, il vise à intercepter les déchets flottants liés aux activités humaines. Le dispositif repose sur un barrage de 300 mètres de long, installé en diagonale sur le fleuve. Il guide les déchets vers un système automatisé de collecte situé sur la rive gauche. L’idée est de prélever les détritus en aval des concentrations humaines, avant qu’ils ne partent vers les mers et les océans”, explique Patrick Thaunay, co-fondateur et président de Plastic Vortex.
Canettes, mégots et chaussures trouvés dans l’eau
Depuis sa mise en service, le barrage intercepte différents types de déchets. Il s’agit à la fois de déchets organiques (branches, troncs, algues) et de déchets anthropiques, liés aux usages humains. Parmi eux figurent des bouteilles et canettes en plastique, des mégots, des billes de polystyrène, mais aussi des objets du quotidien comme des ballons ou des chaussures. Une crue survenue en novembre a marqué les premières semaines d’exploitation. “Deux heures après la crue, le barrage était chargé. Ça va très vite”, relate Patrick Thaunay. À ce stade, l’entreprise se situe encore dans une phase d’observation et d’ajustement du dispositif, avant une évaluation sur une période plus longue. Les déchets collectés font l’objet d’un tri régulier. Ils sont classés par catégorie et pesés dans le cadre d’un travail de caractérisation mené dans la durée. Les détritus organiques non pollués sont en partie réintroduits dans le fleuve, tandis que les déchets d’origine humaine sont orientés vers des filières de traitement adaptées.
Des “volumes importants de déchets” arrivent dans les océans
Les ordures interceptées sur la Garonne illustrent un phénomène largement documenté à l’échelle nationale et mondiale. Le manuel sur le transfert des déchets plastiques dans les milieux aquatiques, publié en 2024 par un comité de scientifiques, rappelle que les cours d’eau jouent un rôle central dans le transport des plastiques vers les océans. À l’échelle mondiale, plus de deux millions de tonnes de déchets rejoignent chaque année le milieu marin par l’intermédiaire des fleuves.
La majorité de ces détritus provient des terres, en particulier des zones urbaines. Emballages, bouteilles, fragments plastiques sont entraînés par le ruissellement, les réseaux d’eaux pluviales et les débordements lors des fortes pluies. Le manuel souligne “une forte variabilité des flux”. Une part importante des ordures est transportée lors de quelques épisodes de pluie ou de crue, capables de déplacer en quelques heures “des volumes conséquents.” Les dispositifs de captation des déchets polluants permettent d’intercepter une partie des macrodéchets flottants, principalement visibles en surface, comme ceux observés sur la Garonne.
Clémence Roux

