L’intersyndicale agricole de Haute-Garonne a bravé l’interdit préfectoral ce mercredi 7 janvier. Des véhicules blindés de la gendarmerie ont été déployés. Des dizaines de personnes interpellées. Réactions.
Mercredi 7 janvier, les agriculteurs étaient présents sur plusieurs barrages en Haute-Garonne. Des éleveurs gersois sont partis très tôt le matin pour arriver dans la capitale de l’Occitanie. Dès l’aube, des dizaines de barrages ont bloqué les automobilistes toulousains, et ce pendant plusieurs heures.
Des Centaures et des véhicules blindés de la gendarmerie ont été déployés sur le point de blocage de l’A61, ainsi que sur la nationale 124 à hauteur de Pibrac, avant Colomiers. Sur cet axe, du côté de la commune de Léguevin, point névralgique de ces mobilisations, des adhérents des Jeunes agriculteurs de Haute-Garonne ont été placés en garde à vue ce mercredi 7 janvier.
La préfecture de Haute-Garonne a compté près de 170 tracteurs et 70 véhicules légers dans la journée. Au total, 17 interpellations ont conduit à autant de placements en garde à vue. Gardes à vue levées en fin de journée. Selon la même source, 53 verbalisations ont également eu lieu tout au long de la journée.
“C’est la Révolution française ! »
Pour les agriculteurs mobilisés, ces arrestations sont inadmissibles. “C’est inacceptable et intolérable”, s’insurge Dimitri Lobera, membre du bureau départemental de la Haute-Garonne des Jeunes Agriculteurs et céréalier à Castelnau-d’Estrétefonds.
“On n’arrive plus à vivre de notre métier. De nombreux problèmes sanitaires sont présents. Ils ne peuvent pas nous faire taire. Après ce qu’il s’est passé hier, ça montre bien qu’on leur fait peur et qu’ils veulent qu’on reste chez nous. Pour apaiser les choses, ce n’est pas du tout dans ce sens qu’il faut aller. On est remontés comme jamais. Hier, ça a été une démonstration de force. Maintenant, on est encore plus déterminés.”
Une colère partagée par Maxime Raud, président de la CR31 : « J’ai failli partir moi aussi en garde à vue. C’est la Révolution française ! » Dans une tribune partagée sur Facebook, la Coordination Rurale de Haute-Garonne a déclaré : « La mobilisation agricole autour de Toulouse n’est pas un mouvement d’humeur. Elle est le reflet d’un profond désespoir et d’une immense fatigue. Fatigue de voir l’avenir de nos fermes bradées dans des accords de libre-échange comme le Mercosur, dont les conséquences seraient dramatiques pour l’élevage et l’agriculture française. »
Rendez-vous avec le préfet ?
Le jour du blocus, la préfecture de Haute-Garonne a rappelé dans un communiqué l’interdiction de manifester et l’interdiction aux poids lourds et tracteurs de circuler sur « l’ensemble du réseau routier du département ». Les raisons évoquées par la préfecture sont notamment : « Une absence de trajet identifié associé à la déclaration » et « une absence de mention de la durée du rassemblement ».
(Pour plus de détails : https://www.haute-garonne.gouv.fr/Actualites/Mobilisation-des-organisations-syndicales-agricoles-du-mercredi-7-janvier-2026-a-Toulouse)
Le préfet de Haute-Garonne a déclaré auprès de nos confrères d’Actu Toulouse : “Les moyens déployés ont permis de faire obstacle à cette action et de contenir les manifestants sur les axes extérieurs.”
Les Jeunes Agriculteurs comptent bien réagir. Ces derniers déclarent vouloir rencontrer Pierre-André Durand, préfet de Haute-Garonne. Après avoir été contactée, la préfecture n’a pas donné suite à nos interrogations.
Par Chloé Bocanegra et Lucie Jodot

