Nos enseignants sont en colère

Ce mardi 17 janvier, les enseignants sont en grève. Salaires, conditions de travail, retraites. Voici les motivations des instituteurs français.
Dessin gréviste crédit : @vousnousils

Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) et la Fédération syndicale unitaire (FSU) appellent à faire, ce mardi 17 janvier, une journée de mobilisation autour des enjeux de l’Éducation. Face à une situation inchangée en termes de question salariale, de recrutements et de conditions de travail, les personnels sont épuisés. 481 postes seront supprimés à la rentrée 2023. Au collège, il y a environ 30 élèves par classe. Au lycée, ils sont 34 par classe. Ces classes surchargées créées un écart de niveau considérable entre chaque élève. L’enseignant, lui, contraint de respecter un programme, lui aussi très chargé est face à un dilemme. « Un choix douloureux » nous confie Pierre Priouret, secrétaire général du SNES-FSU Toulouse et professeur de mathématique dans l’enseignement secondaire. Soit, avancer et finir le programme imposé par l’Éducation nationale, soit ralentir la cadence, et faire en sorte que tous les élèves, mêmes les plus en difficulté, assimilent la connaissance transmise par l’enseignant. 

Les enseignants ont perdu 20 % de leur pouvoir d’achats. Face à l’inflation, les salaires, eux n’augmentent pas. Certains professeurs peinent même à trouver un logement notamment en région parisienne où le revenu est considéré comme insuffisant pour le montant des loyers. Cette baisse du pouvoir d’achat créée des problèmes d’attractivité au sein de la profession. Les concours de l’Éducation Nationale ont de moins en moins de candidats. 

Ce que nous souhaitons

Lorsqu’il était candidat, Emmanuel Macron avait promis une hausse des salaires de 10%. Aujourd’hui les syndicats qualifie cette parole « d’escroquerie » et attendent une revalorisation de 20%. Le tiroir dédié à l’enseignement national est d’1.4 milliard. « On a besoin de 2 millards. » s’exclame Pierre Priouret. 

Les enseignants réclament une solution pour diminuer le nombre d’élèves dans les classes de collège et de lycée. Une réflexion pour travailler en groupe à effectif réduit au sein des établissements. Est demandé, le report des épreuves de spécialités au mois de juin, l’annulation de la reforme du bac : le contrôle continu. « Un vrai parcours du combattant. » témoigne le professeur de mathématique. Chaque année, les élèves de première et de terminale entre dans un climat de stresse ce qui n’est pas bénéfique à leur apprentissage. Les enseignants souhaitent revoir le processus de sélection de Parcoursup. 

La reforme des retraites 

« Le secteur éducatif ne lâchera pas. » affirme le secrétaire général du SNES-FSU Toulouse. La reforme concerne tout le monde. « Nos salaires sont diminués donc nos pensions seront diminuées. J’ai commencé à travailler à l’âge de 26 ans. Si on ajoute les 44 années de travail obligatoire pour toucher le plafond de sa retraite, alors je devrais m’arrêter de travailler à l’âge de 69 ans. Ce n’est pas intéressant pour les élèves, mais également pour nous. On aimerait quand même profiter de notre retraite. Partir pas trop vieux et pas trop abîmé. »

Les élèves sont conscients de la précarité du métier d’enseignant. « On constate la désaffection du métier dans les grandes classes. Les élèves qui veulent devenir professeurs sont des denrées rares. » témoigne Pierre Priouret. 

Jeudi 19 janvier, tous les secteurs vont s’unir pour manifester dans les rues des grandes villes de France. «  Il est urgent de gagner sur l’ensemble de nos revendications, face à un gouvernement qui casse les services publics et les droits sociaux ! » publie le SNES-FSU.

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