Association ‘La Roulotte Solidaire’ : « Les aides qu’on donne à la petite échelle de l’association ne peuvent pas tenir sur le long terme »

Association ‘La Roulotte Solidaire’ : « Les aides qu’on donne à la petite échelle de l’association ne peuvent pas tenir sur le long terme »

Monique, la présidente de l'association 'La Roulotte Solidaire' devant le local
Monique, la présidente de l'association 'La Roulotte Solidaire', devant le local de l'association / © Jill Bathurst

Depuis 2014, l’association ‘la Roulotte Solidaire’ aide les sans-abris à survivre dans les rues de Toulouse. Plus de cinq mille personnes dans le besoin bénéficient gratuitement de vêtements et nourritures distribués par l’association. Si ces aides peuvent sauver des vies, elles ne s’inscrivent que sur du court terme. 

« Elle est trempée ta veste ! Viens vite que j’te donne de quoi te réchauffer ». Monique, la présidente de l’association ‘La Roulotte Solidaire‘, s’empresse d’aller chercher des vêtements dans son local pour Jean-Claude. Ce sans-abri âgé de 67 ans passe presque tous les jours à l’association. « On me donne un peu nourriture et des vêtements. Ça me permet de tenir quelques temps », confie l’homme aux grands yeux bleus. La jeune retraitée Monique revient avec un gros sac à la main où il y a « de tout » : une chemise, deux caleçons, une veste et quelques paires de chaussettes. 

Au même moment, une cargaison arrive. « Voilà encore des dons qui arrivent ! Ça n’arrête pas ! », se réjouit la présidente. En effet, il est facile pour l’association de 26 bénévoles de collecter des dons. « Les gens sont de plus en plus sensibilisés à la cause. Et puis, ils ont confiance en l’association. Ils savent que tout sera redistribué à 100 % », affirme Monique. Des particuliers, certaines entreprises de textiles, la mairie de Toulouse, le département de la Haute-Garonne ou encore la région Occitanie… Tous mettent la main à la pâte. 

« Les dons permettent de secourir plus de cinq mille sans-abris à Toulouse. Le plus jeune sans-abri à en bénéficier à 16 ans et le plus vieux 80 ans », explique Monique. Depuis le Covid, il faut prendre rendez-vous pour venir au local. « La prise de rendez-vous nous permet de mieux respecter les gestes barrières. On limite à deux personnes dans le local et on ouvre seulement trois jours par semaine. Bien évidemment, on aidera ceux qui n’ont pas de téléphone et qui viennent », confie-t-elle. 

Une précarité difficile à résorber

Malgré les aides que donne l’association, Monique se sent impuissante face à la précarité grandissante à Toulouse. « Les aides qu’on donne à la petite échelle de l’association ne peuvent pas tenir sur le long terme. Je fais des réunions avec la mairie de Toulouse pour des aides plus poussées sur le logement, mais elles aboutissent souvent à des projets pouvant aider à peine cinq familles. Et donc le reste, on en fait quoi ? », s’exprime Monique d’un ton révolté. En effet, si depuis le début de cette année 2022, deux cent cinq places d’hébergement ont été créées pour les SDF, ils sont toujours 775 à dormir dans les rues selon les derniers chiffres de la mairie de Toulouse. Monique ne décolère pas : « Pour trouver un logement, les sans-abris de Toulouse sont obligés de passer par le 115. Or, le service ne répond presque jamais pour la simple et bonne raison qu’il n’y a rien à leur proposer. C’est révoltant comme situation ! ». 

Face au manque de logements, l’association propose aux sans-abris de maigres alternatives : des « kits de survie » constitués de sacs de couchage, sacs à dos et des tentes. La présidente se montre ferme : « C’est mieux que rien. En hiver comme en été, ça peut sauver des vies ». Si l’association toulousaine garde l’espoir que la situation s’améliore, Jean-Claude, lui, rongé par son mal-être, n’y voit plus aucune issue : « Je n’attends plus rien. Ailleurs, ça serait pareil de toute façon. Je suis en fin de parcours. À mon âge, on attend d’aller au ciel ».

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