Éducation : Un clip pour sauver des classes au lycée polyvalent Paul-Mathou

Le Rectorat de Toulouse a annoncé, fin janvier, la suppression d’un CAP et la diminution de moitié des effectifs de deux BTS au lycée Paul Mathou à Gourdan-Polignan dès la rentrée prochaine.
Dès la rentrée prochaine, le lycée polyvalent Paul-Mathou pourrait voir trois de ses formations amputées. ©Facebook / PaulMathou Encolère

Le Rectorat de Toulouse a annoncé, fin janvier, la suppression d’un CAP et la diminution de moitié des effectifs de deux BTS au lycée Paul-Mathou à Gourdan-Polignan dès la rentrée prochaine. Suite à ces annonces, l’équipe pédagogique de l’établissement commingeois s’est rapidement mobilisée pour sauver des formations vitales dans cette zone rurale.

Fin janvier, ce fut la douche froide pour l’équipe pédagogique du lycée polyvalent Paul-Mathou, à Gourdan-Polignan. À la rentrée de septembre 2022, le Rectorat de Toulouse envisage de réduire de moitié les effectifs du BTS Travaux Publics et du BTS maintenance des équipements industriels (MEI), et de supprimer le CAP peintre-carrossier. “C’est arrivé comme ça, très brutalement, sans discussion au préalable. C’est presque inhumain”, s’indigne Patrice Abeille, professeur au lycée Paul-Mathou et l’un des responsables du mouvement de protestation suite à cette annonce.

Pour nous, c’est une politique qui prend en compte seulement les chiffres et pas l’humain. On nous enlève ici, dans le Comminges, des moyens de formation pour les rapprocher de Toulouse”, confie Patrice Abeille. Une telle modification, dès la rentrée prochaine, pourrait entraîner des suppressions de postes dans le corps enseignant et surtout pénaliser les élèves locaux, forcés de s’exiler à Toulouse ou à Tarbes. “Ce sont des secteurs qui recrutent énormément et pour lesquels il y a parfois une pénurie de main d’œuvre, on ne comprend vraiment pas un tel choix de la part du Rectorat de nous retirer ces formations”, ajoute le professeur en construction et réalisation des ouvrages.

“C’est la puissance des réseaux sociaux”

Suite aux annonces, la réaction était immédiate de la part de l’équipe pédagogique, “Le 31 janvier, nous avons organisé une marche pour protester. Beaucoup nous ont apporté leur soutien, comme le député Joël Aviragnet, mais aussi les élèves, les parents, certaines entreprises ainsi que les collectivités locales« , explique Patrice Abeille. La Communauté des communes Cœur et coteaux du Comminges a voté une motion de défense du lycée Paul-Mathou et l’a envoyée à toutes les mairies du territoire. Lundi 14 février, cette motion apparaît à l’ordre du jour du Conseil municipal de Saint-Gaudens. Beaucoup d’acteurs de ce territoire, qui a besoin de main d’œuvre, souhaitent voir perdurer ce centre de formation des métiers réputé et vital pour cette zone rurale.

Le 2 février, sur la page Facebook PaulMathou Encolère est publié un clip qui illustre, en chanson, le problème. Les résultats ne se font pas attendre. “Le lendemain de la publication sur Facebook de notre vidéo, le Rectorat a accepté de maintenir le CAP peintre carrossier. C’est la puissance des réseaux sociaux. On savait leur importance pour communiquer, mais je ne m’attendais pas à un résultat si rapide”, souligne l’enseignant. Ce mercredi 9 février, un nouveau clip a été réalisé par les protestants. “Il reste deux filières à sauver, on ne va pas s’arrêter là”, conclut Patrice Abeille.

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