« Ton décès n’est qu’une question de temps », Corinne Vignon, députée LREM témoigne

Devanture de la maison de Corinne Vignon taguée d'insultes députée
Devanture de la maison de Corinne Vignon taguée d'insultes. ©BriceBaessa

Menaces de mort par mail, dégradation de permanences ou parfois même du domicile des élus. Depuis maintenant quelques années, les élus font face à une violence sans précédent. De nombreux cas le prouvent. Corinne Vignon députée LREM de la 3ème circonscription de Haute-Garonne, n’échappe pas à cette réalité. Elle a décidé de porter plainte pour la première fois.

« Ton décès n’est qu’une question de temps, quelque chose est en préparation, quand ça va péter ça ne sera que justice. » Ce mail a été envoyé le 9 janvier dernier par l’adresse « ca-va-mal-finir@gmail.com ». « Les messages sont toujours anonymes et c’est pourquoi même en portant plainte on a rarement des résultats » déplore Corinne Vignon.
Des menaces qui ne se cantonnent pas au virtuel. En août 2019, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles ont muré l’entrée de sa permanence parlementaire. Durant la crise des gilets jaunes, une autre dégradation a eu lieu devant son domicile. La député remarque d’ailleurs que ces violences et menaces surviennent « par vagues, en fonction des lois examinées. Il y a eu les gilets jaunes, maintenant il y a les antivax ».
« J’ai aussi eu des dégradations à mon domicile. La première fois, les professionnels agricoles ont déposé du fumier devant chez moi, et la deuxième fois, le mur de ma maison a été taguée avec des photos de gilets jaunes éborgnés et des inscriptions en rouge disant Meurtrière » Corinne Vignon avoue être d’autant plus choquée que cela arrive à son domicile. La mère de famille a depuis fait installer des caméras de surveillance.

Devanture de la maison de Corinne Vignon taguée d’insultes. ©BriceBaessa

Dans la peur du passage à l’acte

Pour la députée de l’Est toulousain, ce phénomène n’est pas nouveau. « Par exemple je sais que l’ancien député PS de la 9ème circonscription de Haute-Garonne, Christophe Borgel, s’était fait murer sa permanence. Cette violence se fait surtout ressentir depuis ces 10 dernières années, pas avant ». Un constat qui peut s’expliquer, selon Corinne Vignon, par un problème de respect face à l’autorité « On ne respecte plus les policiers, les élus. »
C’est un avenir plutôt pessimiste que dépeint l’ancienne maire de Flourens. « J’espère qu’un jour il n’y aura pas un vrai problème… J’espère que l’un de nous, élus, ne subira par une violence physique aggravée… »
Malgré les menaces reçus, la députée précise que cela ne l’empêchera pas de défendre ses convictions. 
Selon le journal Le Monde, durant l’année 2021, plus de 1186 élus, dont 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints, ont été victimes d’agressions physiques.

Les élus font bloc

Corinne Vignon n’est pas un cas isolé. Gérald Darmanin, Eric Dupont-Moretti et Richard Ferrand se sont entretenus, ce mardi 11 janvier, sur ce même sujet. Les élus victimes d’intimidations, de menaces, ou tout autres actes illégaux, sont invités à porter plainte
Un constat partagé par toutes les formations politiques puisqu’une tribune, signée par l’ensemble des présidents de groupes de l’Assemblée nationale, est sortie ce même jour dans le journal du Huffington Post pour condamner les violences auxquelles sont confrontés les élus très régulièrement. « Nous n’appartenons pas aux mêmes partis, nous nous opposons dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et dans les urnes, mais nous unissons aujourd’hui nos voix parce qu’il est temps de mettre fin à l’indifférence face à la montée de la haine » peut-on notamment lire. Les présidents de groupe y rappellent « qu’aucun débat démocratique ne peut se dérouler sous la menace. Le désaccord politique ne justifie pas la violence. »

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