Jean-Luc Mélenchon « accuse » le couvre-feu à 18 heures d’être responsable d’une flambée de l’épidémie à Toulouse

Jean-Luc Mélenchon « accuse » le couvre-feu à 18 heures d’être responsable d’une flambée de l’épidémie à Toulouse

Jean-Luc Mélanchon face à Laurent Ruquier dans « On est en direct » sur France 2. Crédit : Capture d’écran
Jean-Luc Mélanchon face à Laurent Ruquier dans « On est en direct » sur France 2. Crédit : Capture d’écran

Invité de l’émission « On est (presque) en direct » sur France 2 ce samedi soir, Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé concernant le couvre-feu à 18 heures face à Laurent Ruquier. Le président du groupe politique « La France Insoumise » s’est servi de Toulouse comme exemple de non-efficacité de la mesure. Il l’accuse même d’avoir pour conséquence une augmentation de la propagation de la maladie.

Le couvre-feu à 18 heures, entré en vigueur à Toulouse le 16 janvier, est source de nombreux débats tant au sein de la communauté scientifique qu’auprès du grand public. Si pour certains cette mesure permet de réduire les déplacements des français, d’autres au contraire dénoncent un arrêté contre-productif qui réunit les français dans les commerces aux mêmes heures.

«  Ça a augmenté la circulation du virus » à Toulouse, d’après Mélenchon

C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon, le prochain candidat de l’extrême gauche a l’élection présidentielle de 2022. Selon lui, le couvre-feu à 18 heures a eu des effets « néfastes » puisqu’il aurait « augmenté la circulation du virus ». Il poursuit : « Même en science, il n’y a pas de vérité définitive. Quand vous voyez les résultats du couvre-feu à Toulouse… Ça a augmenté la circulation du virus » a-t-il dit devant plus d’1 million de téléspectateurs. Pour justifier ses propos, il utilise un exemple : « Il suffit d’aller faire ses courses un samedi pour se rendre compte que c’est la pagaille et que les gens sont tassés les uns sur les autres ».

L’entourage proche du candidat d’extrême gauche a été contacté par Le Parisien pour savoir « sur quoi il se basait ». Résultat : l’homme source ses propos et renvoi vers un article de La Dépêche intitulé « Comment le couvre-feu à 18 heures a aggravé l’épidémie à Toulouse ». Le titre, un brin trompeur si l’on ne lit pas le reste de l’article, semble avoir eu le responsable politique. Le papier fait état des résultats d’analyses menées par le laboratoire de virologie du CHU de Toulouse. On y apprend que si le couvre-feu mis en place en octobre à 21 heures a eu un effet positif sur la diffusion du virus, celui de 18 heures n’aurait pas d’impact, voire même un effet inverse. « Nous avons atteint les 10 % de positivité au Covid entre le 20 et le 24 janvier. Or, par expérience, nous savons qu’une mesure sanitaire ou un événement social se traduisent sur la dynamique de diffusion du coronavirus dans les 7 à 10 jours qui suivent. Le fait d’avoir concentré la circulation des personnes aux mêmes horaires est peut-être un effet indésirable du couvre-feu à 18 heures, à Toulouse en tout cas », souligne Chloé Diméglio, Dr en mathématiques appliquées et biostatisticienne. « Peut-être » dit-elle, sans pouvoir l’affirmer clairement.

Des propos nuancés par la communauté scientifique

Contactée par 20 minutes, elle complète : « En tenant compte de la dynamique précédente, du petit relâchement des vacances de Noël et le couvre-feu précédent, nous aurions dû atteindre les 10 % de tests positifs dans la première quinzaine de février. Mais entre le 20 et le 24 janvier, nous étions déjà à 10 % de tests positifs. Au lieu de retarder l’atteinte de ce seuil de 10 %, le couvre-feu l’a en fait avancé ». Dans le même temps, d’autres professionnels de santé tempèrent ces propos et rappellent que les foyers d’infection sont plus nombreux qu’auparavant dans l’agglomération Toulousaine, et que de fait, le couvre-feu ne peut pas être tenu pour seul responsable

En effet, Mélenchon a oublié de préciser que la situation sanitaire a Toulouse s’aggrave depuis fin décembre, bien avant la mise en place du couvre-feu. Le Parisien note même que la diffusion du virus ralentit légèrement à Toulouse en ce moment. Le taux d’incidence aurait en effet grimpé de 14% du 20 au 27 janvier, alors qu’il avait augmenté de 34% une semaine avant.

Les variants seraient hors de cause

Les variants anglais et sud-africains, dont la diffusion reste pour le moment relative sur le territoire (seulement 35 cas détectés en Haute-Garonne), ne pourraient quant à eux pas encore être tenus pour responsable de cette hausse de la diffusion du virus. 

Cependant, un point de convergence existe entre les scientifiques et Jean-Luc Mélanchon : la vaccination resterait la solution la plus efficace pour enrayer l’épidémie.

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