Batman : Un héros trans-générationnel

Batman : Un héros trans-générationnel

L'exposition Batman : La Création d'un Mythe à la médiathèque José Cabanis. Crédit: Nicolas Sadourny
L'exposition Batman : La Création d'un Mythe à la médiathèque José Cabanis. Crédit: Nicolas Sadourny

La médiathèque toulousaine José Cabanis propose jusqu’au 14 février une exposition sur le personnage de Batman, héros de comics connu de tous. L’occasion de revenir sur la légende du chevalier noir et sa popularité intarissable malgré les années.

La cape noire, les oreilles pointues et des lames sur les avant-bras, il suffit de cela pour reconnaître le célèbre justicier masqué. Batman a su transcender les époques et rester une icône culturelle. Cela même en frôlant le ridicule avec sa célèbre série télévisée de 1966, dont les costumes en collants et les énigmes farfelues n’ont pas entaché la réputation. Batman, c’est un héros souvent associé aux ténèbres et au macabre. L’histoire de Bruce Wayne, un milliardaire qui joue le playboy excentrique le jour puis révèle son vrai caractère la nuit sous les traits de Batman. Un justicier/détective masqué capable d’une grande violence et dont le seul code moral est de ne pas tuer ses ennemis.

L’héritage de ce héros, la médiathèque José Cabanis à Toulouse a décidé d’y rendre hommage avec une exposition dédiée à Batman dans sa section bandes dessinées. Devant le centre culturel, tous les visiteurs attendant l’ouverture des portes connaissent ce nom. Avec bien sûr plus ou moins d’affinités : « J’ai vu et j’ai adoré les films Batman de Christopher Nolan évidemment. J’ai lu quelques bd quand j’étais au collège et puis voilà. Moi c’est surtout les films », raconte Xavier, étudiant. « Je sais que mes parents connaissent aussi même s’ils aiment pas trop, ça existait déjà quand ils étaient enfants ».

Des illustrations de comics Batman affichées à la médiathèque José Cabanis – Crédits : Nicolas Sadourny

Pour Sophie, serveuse dans un restaurant et de passage à la médiathèque, Batman n’a jamais été une figure attirante: « Il est trop sombre pour moi, trop gothique. Je préfère les super-héros un peu plus hauts en couleur vous voyez, genre Spider-Man« . Cependant elle imagine mal quelqu’un ne le connaissant pas, « Après évidemment qu’on aime ou pas Batman, ça reste culte. Vous demandez à n’importe qui, il connaîtra au moins les films même s’il ne les a pas vus ».

Un héros précurseur mais pas obsolète

Le chevalier noir a vu le jour pour la première fois en 1939, sous la plume de Bill Finger et les crayons de Bob Kane. Il est la propriété de la grande maison d’édition DC Comics, également à l’origine entre autres de la Ligue des Justiciers et de Superman.

Depuis sa création, des millions de bandes dessinées mettant en scène les aventures de Batman se sont vendues. Jean-Pascal Molus, libraire spécialisé dans les comics à Toulouse, a grandi avec ce héros qui a mis du temps à arriver en Europe : « Batman est un des personnages que j’ai rencontré quand j’étais enfant dans les années 70-80. À l’époque, il arrivait tout juste d’Amérique. Il y avait peu de comics traduits en français, et Batman en faisait partie ».

Différents formats littéraires (comic-books, magazines, art-books) autour de l’univers de Batman – Crédits : Nicolas Sadourny

Alors après tout ce temps, comment l’homme chauve-souris a-t-il réussi à rester attractif pour la jeunesse ? Selon Jean-Pascal Molus, cela vient du système créatif des comics américains : « Il y a beaucoup d’équipes artistiques qui se succèdent au fil du temps, avec de nouveaux scénaristes et de nouveaux dessinateurs. C’est pour ça que d’une histoire à l’autre le personnage de Batman peut changer, se moderniser. C’est un peu à l’opposé du système des mangakas (auteurs/dessinateurs de manga) qui eux travaillent avec une équipe d’assistants mais gardent la main sur leur oeuvre ».

De plus, Batman est l’une des rares icônes de comics à ne pas avoir été laissée dans l’ombre au fil du temps, « Il fait partie de ces personnages qui appartiennent à la genèse des comic books, et qui pourtant n’ont jamais connu de vides dans leur création. Beaucoup de héros populaires comme Daredevil chez Marvel ont disparu parfois pendant quelques années, jamais Batman ».

Héritage et renouveau

Cependant, si l’univers du comic book a été propulsé en partie par le chevalier noir, il souffre également de la présence de ce dernier affirme Jean-Pascal Molus : « C’est très dur aujourd’hui de créer des mythes aussi grands que celui de Batman. Il est tellement grand et tellement présent aujourd’hui dans la pop-culture que fabriquer à nouveau quelque chose comme Batman, c’est compliqué. Des personnages sont éclipsés ou oubliés au profit de Batman ».

Fan portant un costume de Batman lors de la convention Wondercon 2016 à San Diego, USA – Crédits : cc-by-sa-2.0 par William Tung

Celui surnommé « le plus grand détective du monde » a inspiré la création de nombreux héros, que ce soit chez DC Comics ou bien Marvel. Il a été adapté dans plusieurs dizaines de films et dessins animés. Des milliers de jeux vidéos, musiques, tableaux, figurines et autres oeuvres ont été produits en son nom. Et l’aura du héros ne faiblit pas. Le comic book le plus vendu en 2019 était une histoire de Batman avec plus de 500 000 numéros vendus. Un nouveau film est attendu en 2021 et d’autres jeux et films animés sont en préparation.

Le chevalier noir reste donc une valeur sûre pour ses éditeurs et producteurs. Un personnage qui a laissé une marque indélébile dans la culture occidentale. Depuis plus de 80 ans, les aventures de Batman ont fait pleurer, rire et songer chaque génération. L’exposition consacrée à l’univers du chevalier noir est ouverte jusqu’au 14 février.

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