Le Sénat a voté : crottin de cheval et chant du coq désormais protégés par la loi

Le Sénat a voté : crottin de cheval et chant du coq désormais protégés par la loi

Le chant du coq ne pourra bientôt plus être poursuit en justice. - Crédits : Creative Commons / Édouard Hue
Le chant du coq ne pourra bientôt plus être poursuit en justice. - Crédits : Creative Commons / Édouard Hue

Jeudi, le Parlement a adopté une proposition de loi pour le moins insolite. Elle consiste à protéger le « patrimoine sensoriel des campagnes ». Désormais, sons et odeurs du monde rural ne pourront donc plus faire l’objet de procédure judiciaire pour trouble du voisinage.

Que les coqs soient rassurés, ils vont pouvoir chanter à tue-tête avant même le lever du soleil. Jeudi, le Sénat a adopté à l’unanimité une étonnante proposition de loi : l’introduction dans le droit français de la notion de “patrimoine sensoriel”. Une bonne nouvelle pour les animaux de la ferme qui n’auront plus à se préoccuper des voisins grincheux. Le crottin fétide du cheval, le bruit strident et monotone des cigales et le coassement des grenouilles… Tous ces marqueurs sonores et olfactifs seront maintenant protégés par la loi.

Cette proposition, déjà votée par l’Assemblée Nationale, cherche à protéger les campagnes des coups de gueule de vacanciers et néo-ruraux. En effet, en dix ans, plus de 18.000 plaintes auraient été déposées pour dénoncer de telles nuisances rurales. Mais désormais, sera très malavisé celui qui tentera de poursuivre en justice les animaux de son voisin. Le juge pourrait bien lui répondre de partir habiter au milieu des klaxons de la ville.

Marcel et Maurice, symboles d’un combat

En mai 2020, un Ardéchois avait tué à coups de barre de fer le coq de son voisin, Marcel. Un acte ignoble qui avait beaucoup ému et qui avait valu au meurtrier de volatile une condamnation à cinq mois de prison avec sursis.

Quelques mois plus tôt, c’était au coq Maurice de se retrouver au cœur de l’actualité. Exaspérés par les cocoricos répétitifs de ce dernier, les voisins de Corinne Fesseau, propriétaire du gallinacée, l’avait traînée devant le tribunal correctionnel de Rochefort. Mais cette fois, le verdict avait penché du côté des défenseurs de la vie rurale et le célèbre coq s’était vu autorisé à reprendre ses vocalises. Aujourd’hui décédé, le protégé de Corinne a été remplacé par un Maurice II, qui grâce au nouveau texte de loi, pourra lui s’exprimer librement…

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