Quelles contraintes sanitaires pour atterrir à Toulouse depuis un pays hors Europe ?

Quelles contraintes sanitaires pour atterrir à Toulouse depuis un pays hors Europe ?

Peu de personnes à l'arrivée de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Crédit : Guillaume Pannetier
Peu de personnes à l'arrivée de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Crédit : Guillaume Pannetier

Le gouvernement a annoncé jeudi 14 janvier, de nouvelles mesures et tests pour les passagers en provenance de pays hors Espace Schengen. Des tests sont désormais nécessaires pour venir en avion de pays hors Europe à Toulouse.

« Nous allons durcir fortement les conditions d’entrée sur le territoire national et renforcer les contrôles aux frontières » pour « éviter » que la souche variante du virus « ne progresse rapidement » sur le territoire, a déclaré le Premier Ministre au cours d’une conférence de presse ce jeudi 14 janvier. Suite à la crise sanitaire, le trafic chute de 69 % à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Résultat : très peu de vols sont en provenance de pays hors Espace Schengen. Ce mardi 19 janvier, il y en avait seulement 3. L’un depuis Fez, un depuis Casablanca et le dernier depuis Tunis. Malgré les nouvelles mesures et tests pour les passagers, ils sont nombreux à prendre l’avion.

Les voyageurs doivent présenter un certificat de test Covid négatif

Premier vol qui arrive en provenance d’un pays hors Espace Schengen à Toulouse, l’avion Air Arabia 3O 357. Il arrive de Fez (Maroc) et a atterri sur le tarmac à 9h36. Le débarquement de passagers s’effectue depuis la porte 4 de l’aéroport. Devant cette porte, environ une dizaine de personnes attendent les passagers du vol. Parmi eux, Maria, une maman qui attend sa fille. « Il me tarde de la revoir. Avec le coronavirus on se voit moins souvent… » explique la mère de famille. Il faut dire que c’est un véritable parcours du combattant pour les passagers qui souhaitent se rendre en France depuis un pays hors Europe. Chaque voyageur doit présenter un certificat de test Covid négatif réalisé en amont. De plus, les personnes concernées devront s’engager sur l’honneur à s’isoler pendant 7 jours une fois arrivées en France, puis à refaire un deuxième test PCR à l’issue de la septaine.

Des conditions respectées depuis Fez au Maroc

En porte 4 à l’arrivée de l’aéroport Toulouse-Blagnac, un vieil homme arrive. Il pousse délicatement un chariot avec ses bagages. « Je viens voir ma famille qui est à Toulouse. De nos jours c’est difficile de prendre l’avion avec toutes ces conditions » s’exclame Raoul. Les tests Covid de ce vol ont été réalisé en amont par tous les passagers. Ils sortent au compte-gouttes. Parmi eux apparaît un jeune étudiant marocain, sacoche en main droite et valise cabine en main gauche. Bilel a lui aussi réalisé un test Covid avant de prendre l’avion. « J’ai fais les tests pour voyager, tout s’est bien passé, c’était parfait » confie le jeune homme. Plus loin dans la file de passagers, se trouve une famille. Sac à dos, et jouet entre les mains, la petite Nila se tient à côté de sa maman. Le papa lui, pousse le chariot rempli de trois grandes valises. « On fait avec mais c’est vrai que c’est difficile toutes ces restrictions«  soupire-t-il. « On va essayer de s’isoler pendant 7 jours, mais notre fille doit aller à l’école » confie la maman de Nila. Deux Français reviennent d’un voyage au Maroc. Ils ont bien été contrôlés, une pastille jaune est collée sur chaque passeport. Elle confirme que leur tests PCR sont bien négatifs. Ils vont désormais se mettre à l’isolement. « On a prévenu nos employeurs. On va rester bien sagement à la maison«  expliquent les jeunes Toulousains.

« Flemme de m’isoler pendant 7 jours »

C’est bientôt la fin du débarquement. Les portes coulissantes s’ouvrent, puis, d’un pas allègre, arrive un homme. Il est vêtu d’une cravate, d’un costume et d’une sacoche pour ordinateur. L’homme d’affaires travaille dans la téléphonie. Il est en déplacement dans la ville Rose pour rencontrer ses collègues de l’Hexagone. « J’ai fais mon test, je n’ai pas le covid, moi je dois bosser donc je n’ai pas le temps pour m’isoler » témoigne Malek. De son côté, Fatia avoue ne pas avoir donné d’attestation pour prouver sa négativité au covid. « Je n’ai pas eu le temps de faire mon test. Alors on m’a proposé de faire un test antigénique. Il était négatif ce matin » confie la jeune femme. Petit à petit la file de passagers se termine. Casquette sur la tête, téléphone à l’oreille et valise en main droite, Abdel s’élance pour prendre un taxi et retrouver son amie dans le centre-ville de Toulouse. « J’avoue je ne vais pas m’isoler. J’ai plein de trucs à faire et puis je suis négatif au Covid. » déclare le jeune ressortissant du Maroc. La dernière passagère du vol Air Arabia est Myriam. Elle a rendu visite à sa mère qui habite à Fez. Pour la jeune femme qui habite et travaille à Toulouse ce sera le dernier trajet aérien. « C’est trop difficile, les tests, le masque… Je n’y arrive plus. Je ne vais plus prendre l’avion » exprime-t-elle. Elle ne semble pas être au courant des nouvelles restrictions« Je ne savais pas qu’il y avait un isolement de sept jours. C’est obligatoire ? », s’étonne Myriam. Finalement chacun va faire comme bon lui semble.

Durcissement des conditions d’entrée en France

L’aéroport de Toulouse-Blagnac propose des vols au départ et à l’arrivée de pays hors Europe. Ces vols sont désormais soumis à diverses conditions et tests pour entrer sur le territoire Français. Pour rappel, un isolement de 7 jours à domicile est désormais obligatoire pour tout voyageur posant un pied en Martinique, en Guadeloupe ou à la Réunion. Consigne identique dans l’autre sens pour les arrivées en Métropole. Mais le gouvernement français ne prévoit pour l’instant aucun contrôle ni aucune amende pour inviter les voyageurs à respecter ces nouvelles restrictions, destinées à ralentir la circulation du virus. Du côté de l’Irlande, un des pays où la circulation du virus est la plus active au monde avec 17 000 personnes contaminées, pas de restriction : ses ressortissants peuvent venir en France sans aucun contrôle.

Le ministère de l’Intérieur a promis de publier dans les prochaines heures une attestation sur l’honneur, à remplir pour chaque passager. Elle n’est pour le moment toujours pas disponible en ligne.

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