La Recyclerie, ou comment redonner vie aux objets en pleine pandémie

La Recyclerie, ou comment redonner vie aux objets en pleine pandémie

Deux des bénévoles de l'association la Recyclerie. Crédit: Océane Arasse
Deux des bénévoles de l'association la Recyclerie. Crédit: Océane Arasse

Depuis presque deux ans, l’association la Recyclerie vend à bas coût de nombreux articles d’occasion. L’objectif ? Promouvoir la solidarité à tous les niveaux. Et malgré l’épidémie, la boutique continue dans cette démarche.

Des centaines de livres récents ou très anciens empilés sur des étagères. C’est le décor qui s’offre à nous lorsque l’on passe le pas de la porte de la Recyclerie, dans le quartier prioritaire de Crins à Graulhet (Tarn). Une fois passé le couloir, des objets plus divers les uns que les autres : vaisselle, vêtements, DVD, tableaux ou plus insolite, objets religieux. Une boutique d’antiquaire version moderne et abordable. Car c’est là tout le concept de la Recyclerie. Depuis le 15 juin 2018, cette association propose de donner une seconde vie aux objets. C’est donc tout un processus écologique de recyclage et de valorisation qui se met en place. Mais au-delà de l’aspect écologique c’est bien la solidarité qui prime.

Venir en aide aux plus démunis

Le coin librairie de la boutique. Crédit: Océane Arasse
Le coin librairie de la boutique. Crédit: Océane Arasse

La solidarité est présente dans toutes les branches de l’association. C’est d’abord par des dons que la Recyclerie reçoit tous ses objets. Aucun élément n’est acheté, c’est la générosité des gens qui fait la différence. Et Marie-Christine, trésorière de l’association, a perçu du changement à ce niveau-là en deux ans, « avant les donateurs passaient se débarrasser des objets et maintenant ils se demandent ‘’est-ce que ça peut servir ?’’. Il y a eu une prise de conscience ». Puis les bénévoles, au nombre de sept ou huit selon les périodes, « redonnent vie » à ces bibelots. Ils sont tous nettoyés et désinfectés. Ceux qui nécessitent de petites réparations, notamment dans l’électroménager, sont pris en charge par les membres comme Catherine, spécialisée dans le domaine.

Vient ensuite la mise en vente. Pour la partie librairie, les ouvrages peuvent être achetés à prix bas ou offerts aux personnes les plus défavorisées. De Pétrone sur une étagère, à Dora l’exploratrice cachée sous une pile d’autres bouquins, en passant par Marcel Pagnol sur le bureau de Marie-Christine, il y en a pour tous les goûts. Les produits de première nécessité, eux, sont vendus entre 20 centimes pour un couvert par exemple jusqu’à 2 ou 3 euros. D’autres objets ayant une valeur plus importante sont vendus à des prix plus élevés. Le but étant de « faire payer ceux qui ont plus pour donner à ceux qui ont moins. C’est ça la solidarité », comme l’explique la trésorière. D’où le choix stratégique de créer la boutique dans le quartier prioritaire de Crins, où habitants du quartier et visiteurs se rencontrent chaque jour. Ce sont ainsi une vingtaine d’articles qui sont vendus tous les jours dans la boutique pour une centaine de clients qui passent la porte.

Réagir face à l’épidémie

Des objets très divers sont proposés à l'achat. Crédit: Océane Arasse
Des objets très divers sont proposés à l’achat. Crédit: Océane Arasse

La Recyclerie compte aujourd’hui un employé. Toujours dans cet objectif de solidarité et ici d’insertion, le salarié est toujours une personne en situation précaire. C’est ce que l’on appelle l’économie sociale et solidaire. Cette personne est payée grâce au 30 000 euros de chiffre d’affaires annuel, qui sert également à financer le loyer. Et malgré la période compliquée, l’association est à la recherche d’un nouvel employé, un jeune en difficulté ou issu de quartier prioritaire pour développer le côté informatique.

Car c’est internet qui a permis à l’association de survivre aux confinements, « nous avons lancé le site internet lors du premier confinement ». Objectif : présenter les produits possibles à l’achat. Les personnes commandent ensuite en ligne ou appellent pour réserver un objet. Un drive mis en place à la boutique permet de les récupérer. Grâce à cette initiative, le loyer et le salarié ont pu être payés. L’État a également versé des fonds lors du premier confinement. Aujourd’hui, la boutique fonctionne à nouveau normalement et le site internet existe toujours. La Recyclerie souhaite maintenant améliorer la communication sur les réseaux sociaux grâce au nouvel employé notamment. Et lorsque la situation sanitaire le permettra, la partie bibliothèque proposera des séances de lecture et d’autres activités littéraires.

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