Facebook a affirmé ce mercredi matin avoir démantelé un petit réseau de comptes et de pages qui faisaient partie d’une opération d’influence russe. L’entreprise a déclaré que la campagne était liée à l’Agence de recherche sur Internet (IRA) de Russie, une organisation proche du gouvernement russe et accusée d’ingérence dans les élections américaines de 2016. Twitter a également suspendu cinq comptes du même réseau. L’opération était centrée sur PeaceData, qui prétendait être un site d’information à but non lucratif en anglais et en arabe.

Selon Facebook et Twitter, la campagne n’a remporté qu’un succès très limité. La nouvelle de cette découverte arrive deux mois avant l’élection présidentielle américaine entre le président Donald Trump et le candidat démocrate Joe Biden.

Comment s’est déroulé l’enquête ?


Les annonces faites mardi par Facebook et Twitter sont le résultat d’une collaboration avec la Foreign Influence Task Force du FBI sur le site PeaceData, qui s’adresse à un public de gauche.

Facebook a déclaré avoir supprimé 13 comptes et deux pages, qui visaient à « cibler le débat public aux États-Unis » et dans d’autres pays, dont le Royaume-Uni et l’Égypte. Mais l’opération a eu une « portée très limitée », avec environ 14.000 comptes suivant une ou plusieurs des pages qu’elle avait supprimées, a déclaré Facebook. La page en langue anglaise avait environ 200 adeptes. Les comptes supprimés utilisaient de faux noms et de fausses photos de profil, a déclaré Facebook, mais de vrais écrivains indépendants « involontaires » semblaient avoir écrit pour le site PeaceData.

Twitter, quant à lui, a déclaré qu’il avait suspendu cinq comptes « pour manipulation de plateforme que nous pouvons attribuer de manière fiable à des acteurs de l’Etat russe ».Il a ajouté que le contenu créé par les comptes était « de mauvaise qualité et spammé, et que la plupart des Tweets de ces comptes n’ont reçu que peu, voire pas du tout, de Likes ou de Retweets ».

Que savons-nous de l’IRA russe ?


L’IRA était l’une des trois sociétés russes et des 13 personnes mises en accusation par le ministère américain de la justice dans le cadre de l’enquête du conseiller spécial Robert Mueller sur les allégations d’ingérence russe dans la campagne électorale américaine de 2016. L’ancien directeur du FBI a passé deux ans à enquêter sur la collusion présumée entre la campagne Trump de 2016 et la Russie. Il a conclu que la Russie s’était immiscée dans les élections avec l’intention de profiter à la campagne de M. Trump, bien qu’il n’ait trouvé aucune preuve de conspiration.

Plus tôt cette année, le directeur du FBI Christopher Wray a déclaré que les tentatives russes de désinformation sur les médias sociaux n’avaient « jamais cessé », mais il a ajouté qu’elles n’avaient pas la même ampleur que celle observée lors de la campagne de 2016.