Tensions avec le maire sortant et la liste Archipel Citoyen ou encore question de l’empreinte écologique, la patinoire installée jusqu’au 23 février 2020 sur la place du Capitole fait jaser.

L’hiver est là ! Enfin presque. Vendredi 7 février 2020, jour de l’ouverture de la patinoire, le thermomètre atteignait les 16°C. Mais ces températures douces pour la période n’empêchent pas l’odeur de l’aligot saucisse d’investir la place du Capitole. Non, malgré l’absence du froid, les stands et la patinoire sont bien là. « C’est super ! Les jeunes peuvent s’occuper autrement », indique José, un passant visiblement ravi de l’arrivée de ce terrain de jeu. L’an dernier et dans un contexte de manifestations de Gilets Jaunes, la patinoire n’avait pas pu être installée pour des raisons de sécurité.

Il est bientôt midi et les Toulousains se régalent à regarder patiner le chanteur Kessy McQueen et une petite dizaine d’autres patineurs amateurs. Il faut dire que la star locale, malvoyante, fait de sacrées prouesses sur la glace. La scène se déroule sous les yeux d’une vingtaine de badauds, béats. On en oublierait presque le bruit généré par la machine de refroidissement.

Patinoire énergivore ? L’exploitant se défend

« Comme on est en hiver, on ne pense pas forcément qu’on utilise des ressources énergétiques », explique Noémie, une lycéenne venue déjeuner sur la célèbre place. L’écologie, c’est le cadet des soucis du public du jour. Pourtant, s’interroger sur l’empreinte environnementale de cet équipement semble légitime. En 2015, nos voisins belges de RTBF expliquaient qu’une « patinoire de Noël de taille moyenne consomme 65 000 kilowatts/heure d’électricité en un mois. » Soit l’équivalent de 200 frigos qui fabriquent de la glace en même temps. D’après le média belge, cela rejetterait plus de 10 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Toutefois, ce même article précise que « le progrès technique compense en partie le réchauffement climatique. » Alors 5 ans plus tard, la patinoire installée à Toulouse rentre-t-elle dans ces standards ? Pas du tout selon Pierre Vincent, le responsable d’ICR Expo, l’exploitant de cette prestation dans la Ville rose. « Pour le refroidissement du sol, nous utilisons du glycol vert alimentaire norme CEE. C’est sans aucun risque pour l’environnement, assure-t-il avant d’enchainer, il est récupéré à 100% à l’issue de la prestation, pour être contrôlé et réutilisé. Concernant la consommation d’eau, cela représente environ 25m3 sur l’ensemble de la manifestation », détaille-t-il. C’est l’équivalent d’une petite piscine gonflable chez un particulier.

Archipel Citoyen charge Moudenc

En ce qui concerne le volet énergétique, Pierre Vincent continue de défendre la patinoire qu’il loue à la société Synerglace. « La patinoire consomme entre 1 et 2 KW/jour/m2 », explique-t-il. Sachant que la patinoire reste 18 jours, du 7 au 23 février 2020 et qu’elle a une superficie de 450 m², elle consommera au maximum 16 200 KW lors de son passage sur le Capitole. Des chiffres bien éloignés de ceux relatés par nos confrères du Plat Pays.

Mais en cette période de campagne pour les Municipales, l’équipement ne fait pas l’unanimité chez les opposants au maire sortant toulousain.
Jean-Luc Moudenc est attaqué par Archipel Citoyen, la liste menée par le candidat Antoine Maurice. Dans un communiqué, Archipel Citoyen parle d’une « mauvaise blague », avant de dénoncer « l’écologie cosmétique et de salon du M. Moudenc ».

Outre Jean-Luc Moudenc, les sympathisants d’Antoine Maurice n’hésitent pas à critiquer ICR Expo. « Le prestataire dit que pour compenser l’impact environnemental, il installe des panneaux solaires sur son entreprise. Est-ce qu’il en installe plus vu les températures ? Pas sûr. Cet argument, c’est du greenwashing », estime de son côté Daniel Molina, 21e sur la liste Archipel Citoyen.

Le maire sortant donne rendez-vous en mars

Jean-Luc Moudenc a tenu à se défendre des critiques tout en défendant la patinoire. Sur le site de sa campagne électorale, l’équipe du maire sortant a répondu au communiqué de liste d’Antoine Maurice : « Archipel veut priver Toulouse des plus de 11 000 sourires d’enfants et parents qui s’amusent chaque année sur la patinoire du Capitole depuis 5 ans, faute de pouvoir partir en vacances ailleurs ». Ce à quoi Daniel Molina répond : « Il ne s’agit pas de supprimer tout ce qui fait plaisir aux gens. Il faut réfléchir à une manière différente d’animer le centre-ville ».

Pour Jean-Luc Moudenc, le discours tenu par Archipel Citoyen est « déconnecté de la réalité ou des actes concrets, avant d’enchaîner, chaque citoyen choisira les 15 et 22 mars prochains ». Pas sûr que le responsable d’ICR Expo apprécie ce coup de projecteur de la part des deux candidats. Malgré lui, Pierre Vincent se retrouve au milieu d’une guéguerre politique.