Bon dernier du classement de Ligue 1 Conforama, le Toulouse Football Club croit encore au maintien. A seize journées de la fin, l’entraîneur Denis Zanko espère que le point pris à Amiens marque le début d’une incroyable aventure.

Un exploit. Une renaissance. Un soulagement. Voilà comment a été vécu samedi dernier le match nul 0 à 0 du Toulouse Football Club au Stade de La Licorne à Amiens.

Après 11 défaites consécutives en Ligue 1 Conforama, c’est le record du déshonneur qui tendait ses bras au club toulousain : s’incliner à Amiens signifiait égaler la performance du CA Paris en 1933-1934 et de Grenoble en 2009 qui ont tous deux réussis à s’incliner dans 12 rencontres à la suite.

Mais alors que certains supporters pensaient avoir un titre (aussi aberrant qu’il soit) à afficher dans la vitrine du club, le Téfécé a su se ressaisir lors de ce déplacement à Amiens et l’entraîneur Denis Zanko affirme en conférence de presse que cette petite victoire témoigne de la bonne dynamique qui semble rejoindre sa formation :

Avec le recul, certainement que le match de Brest est venu un petit peu tôt. A la fin du match de Lyon, on avait les prémices de quelque chose de plus solide. On pouvait construire et on était prêts à aller à Amiens. Maintenant, la réalité, c’est que c’est toute l’organisation collective qui va mieux. Ce qui me satisfait, c’est qu’on a pas pris de but. Ça témoigne bien qu’il y a un certain équilibre qui s’impose, et donc qu’en conséquent nos défenseurs sont plus confiants et peuvent montrer leurs qualités. Même si on n’a pas été consistant dans le pressing jusqu’à la fin et que nos milieux sont venus s’écraser sur nos défenseurs, aujourd’hui il y à la fois l’animation qu’on met en place et les hommes qui peuvent l’incarner.

Le début d’une aventure notoire ?

Evidemment, cela n’a échappé à personne : le défi que va devoir relever Zanko et ses hommes ressemble fortement à celui qui a fait vibrer tout le peuple violet en 2016.

Le Lavallois ne met d’abord qu’un pied dans le plat : « il va d’abord falloir capitaliser le point d’Amiens. Il a été accueilli comme une forme de soulagement dans la quête du moindre point qui nous suivait depuis quelques mois, mais maintenant il faut définitivement arrêter cette série néfaste et lancer une vraie dynamique positive. Avant Lyon on avait prit 44 buts, aujourd’hui on est à 47. On a stoppé l’hémorragie« .

Puis, au fil des questions, vient celle sur l’incroyable « remontada » qu’avait réalisée le groupe de Pascal Dupraz il y a 3 saisons. Et avec elle le discours que chaque supporter du TFC a envie d’entendre :

On vit une aventure humaine ensemble. On est parti sur des bases difficiles après la gifle contre Brest, mais je trouve que les joueurs, progressivement, remettent les choses en place. Après évidemment ce traumatisme on ne peut pas l’évacuer en claquant des doigts, mais on a envie de vivre quelque chose ensemble. Si on s’en tient aux références comptables, je ne vois pas pourquoi on y croirait pas. Mais ça viendra avec une série de résultats positifs. Il reste 16 matches, s’il n’y a plus qu’une personne qui doit y croire, il faut que ce soit moi !

Un match compliqué à venir

Après une clôture de mercato qui a laissé l’entraîneur sur sa faim concernant une recrue au milieu de terrain : « Il y a eu des possibilités jusqu’aux dernières heures du mercato, mais on n’a pas trouvé chaussures à notre pied. On voulait remplacer Kalidou Sidibé (opéré d’une pubalgie qui va sûrement l’écarter jusqu’à la fin de la saison, NDLR) mais il y avait trop de paramètres à prendre en compte », le coach doit maintenant se tourner vers de nouvelles échéances et la réception de Strasbourg ce mercredi soir.

Si une opération commune aux autres clubs sportifs de l’agglomération permet d’obtenir des places à « zéro euros » pour ce match, la lanterne rouge ne pourra pas seulement compter sur le soutien de ses supporters :

Ce sera un adversaire redoutable, très bien organisé et prêt physiquement. Certes ils restent sur deux défaites, mais ils sont capables d’en mettre 3 à Monaco par exemple. C’est une très bonne équipe, et pour moi Thierry Laurey n’a pas la reconnaissance qu’il mérite.

Cependant, même s’il reconnaît la qualité de l’équipe qu’il devra affronter, Zanko n’a plus le luxe de laisser filer des points contre des adversaires « à priori » meilleurs et fait face à la fameuse maxime : « cette fois il n’y pas d’autres choix que de gagner », devenue réel adage au Stadium :

A chaque match on me dit ça. Evidemment à chaque fois on y va pas pour perdre ! Sincèrement, j’ai envie de dire peu importe l’adversaire maintenant, nous devons nous concentrer sur notre jeu pour l’instant.

Alors, avec un effectif qui semble amorcer une rédemption tant attendue à l’image du renaissant milieu de terrain Ibrahim Sangaré (conforté par son entraîneur dans son nouveau rôle de capitaine acquis à Amiens) mais avec une infirmerie garnie (Yaya Sanogo, Kalidou Sidibé, Kelvin Amian, Nathan Ngoumou, Nicolas Isimat-Mirin, Max-Alain Gradel et William Vainqueur), le Téfécé va être testé lors de la réception du onzième de Ligue 1, Strasbourg, qu’il n’a pas battu depuis très longtemps.

Se maintiendra ? Se maintiendra pas ? Rien n’est certain pour le Toulouse Football Club, mais l’espoir n’a pas totalement disparu au Stadium.