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Des salariés non-grévistes de la SNCF ont reçu des primes allant de 300 à 1 500 € sur leur salaire de janvier. Une décision suscitant l’indignation de la CGT-Cheminot et Sud-Rail, qui menacent d’attaquer l’entreprise en justice.

Alors que les grévistes ont reçu leur fiche de paie du mois de janvier à 0 € pour certains, les non-grévistes ont eu droit à une belle « récompense » qui fait polémique.

De + 300 € à + 1 500 €

Le réveil a dû être difficile pour les grévistes présents dans la rue depuis le 5 décembre dernier, lors des manifestations contre la réforme des retraites. Une fiche de paie à zéro euro pour certains et quelques euros pour d’autres, alors que les non-grévistes voient leur fiche de paie s’envoler. En effet, les salariés non-grévistes ont reçu entre 300 et 1 500 €, en plus sur leur salaire, pour leur « grande disponibilité dans le cadre des mouvements de grève débuté le 5 décembre ». Dans un courrier personnel adressé aux salariés, la direction explique que cette prime est accordée pour les « remercier« , souligner leur « professionalisme » et leur « implication« .

Une gratification qui ne passe pas pour les syndicats

Les syndicats CGT-Cheminot et Sud-Rail ont immédiatement réagi et dénoncent une « pratique illégale et discriminatoire« . Les syndicats ne s’interdisent pas de saisir la justice dans les jours à venir en dénonçant plusieurs autres pratiques pour récompenser les non-grévistes. Sur Twitter, Sud-Rail met en avant l’article L2511-1, expliquant que  » Son exercice (droit de grève) ne peut donner lieu à aucune mesure discriminatoire telle que mentionnée à l’article L.1132-2, notamment en matière de rémunérations et d’avantages sociaux « .

La direction de la SNCF a quant à elle déjà répondu, en ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’une prime pour récompenser, mais pour le surcroît de travail qu’on connu les salariés non-grévistes, durant le mouvement de grève. Dans un communiqué, la direction précise : « La SNCF confirme et assume l’attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés de façon exceptionnelle et sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public« .

Même si la SNCF semble dans la légalité, avec des primes octroyées pour surcroît de travail, cette décision paraît malvenue et risquerait même de créer des tensions entre les salariés, dans un contexte déjà très tendu.