Le procès d’Harvey Weinstein se poursuit à New York. Ce lundi, Mimi Haleyi une des victimes présumées a donné sa version des faits. Retour sur ce quatrième jour d’audience.

« Il m’embrassait et me tripotait alors que la conversation était « normale » quelques secondes plus tôt« . Mimi Haleyi, l’une des principales accusatrices s’est exprimée ce lundi au procès Weinstein. Sur 80 femmes qui l’accusent de harcèlement ou d’agressions sexuelles, le producteur hollywoodien est poursuivi par le tribunal pénal que pour deux affaires. Mimi Haleyi, l’assistante de production, a affirmé avoir été agressée sexuellement dans une chambre d’enfant d’un appartement du producteur. Les faits remontent au mois de juillet 2006.

La victime raconte…

Selon la version des faits de la victime, le producteur lui aurait demandé de venir à son appartement de Soho pour le saluer. Elle décrit Weinstein comme « un homme affable se transformant d’un coup, sans signe avant-coureur« . Son témoignage continue : « je marchais en reculant parce qu’il me poussait avec son corps« . Une relation non-consentie, que la victime lui aurait fait savoir : « durant tout ce temps, je lui ai exprimé que je ne voulais pas de ça« . Le producteur l’aurait alors poussé sur le lit « à chaque fois que j’essayais de me relever, il me poussait de nouveau« . Mimi Haleyi a expliqué « Je me disais qu’aller voir la police n’était pas une option pour moi ». En effet, l’assistante de production travaillait à New York sans Visa de travail, elle risquait donc l’expulsion du territoire américain.

Des faits fragilisés par la défense

Deux semaines après les premiers faits, la victime et l’accusé ont eu une relation sexuelle. Damon Cheronis, avocat de la défense, a demandé donc à Mimi Haleyi s’il s’agissait d’une agression sexuelle ? Réponse de la victime : « Je n’ai pas résisté« . Une réponse qui n’a pas étonné l’avocat de Weinstein qui a alors fournit plusieurs éléments (courriers électroniques et agenda de la victime) qui montrent que les deux partis sont restés en contact. Mais une autre lettre a retenu l’attention de Damon Cheronis. Un papier signait par Mimi Haleyi, où l’on peut voir écrit « plein d’amour » (« Lots of Love »). Une attaque tout de suite rétorquée par la victime : « c’est une façon courante de signer« .

Une attaque de l’avocat de Weinstein

La journée d’audience s’est terminée par une série d’attaques du côté de la défense : « Vous avez une relation consentie avec Harvey Weinstein« . « Une relation professionnelle » a répondu Mimi Haleyi. L’avocat de Weinstein a alors continué « Il ne vous a jamais agressée sexuellement !« . Une affirmation qu’a démentie l’ancienne assistante de production.

Une troisième femme est attendue à la barre dans les prochains jours d’audience. Après Mimi Haleyi hier et l’actrice Annabella Sciorra la semaine dernière, Jessica Mann doit s’exprimer. Elle affirme avoir été violée en 2013 par le producteur hollywoodien. Harvey Weinstein risque la perpétuité.