Le Liban connaît un niveau de violence exceptionnel depuis le début du mouvement de contestation il y a trois mois. Au pays du levant, la classe politique tarde à former un gouvernement malgré l’urgence de la situation.

Dans la soirée de samedi, quelque 377 personnes, dont des agents de police, ont été blessés pendant des heurts qui ont secoué les abords du Parlement et de la place des Martyrs, épicentre de la contestation à Beyrouth. Face aux canons et aux pétards utilisés par les manifestants, les forces anti-émeute ont fait usage de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et de canons à eau.

Une situation politique sans précédent

Depuis la démission fin octobre de Saah Hariri, alors président du pays, son gouvernement est accusé d’inertie par la contestation populaire. Son successeur, Hassan Diab n’a toujours pas formé d’équipe et la colère des libanais est exacerbé par des conditions de vie qui se détériorent. Les retraits aux guichets sont plafonnés et les transferts d’argent vers l’étranger bloqués par le gouvernement, par la volonté d’éviter une « ruée bancaire » qui pourrait aggraver la situation. Selon diverses sources, 50% des libanais ont sombré dans la pauvreté en l’espace de quelques mois seulement.

Des manifestants libanais à Beyrouth, le 1er mai 2019.

Après une courte période d’essoufflement, la contestation a connu un regain cette semaine. Au cours de la semaine, les manifestants ont surtout ciblé la Banque centrale et le secteur bancaire, jugés responsable de la crise par le Hezbollah et une partie des habitants locaux. Hier soir, c’est le Parlement qui était dans leur collimateur. La place des Martyrs a été le théâtre de plusieurs affrontements, d’une part entre chiites et sunnites, d’une autre entre les manifestants et les forces anti-émeutes.

Selon un correspondant de RTL à Beyrouth, la Croix-Rouge libanaise a annoncé avoir transporté plus de 80 personnes vers les hôpitaux tandis que plus de 140 blessés ont été soignés sur place.

Dans un communiqué, l’ONG Amnesty International a déploré des arrestations arbitraires et un niveau inacceptable de violence à l’égard des manifestants (plusieurs contestataires ont reçu des balles en caoutchouc dans les yeux).