À quelques jours des premières épreuves du baccalauréat 2.0, plusieurs établissements toulousains appellent à boycotter les examens. Entre consignes incomprises, banque de sujets mises en ligne en retard et élèves angoissés, la situation se cristallise peu à peu.

« Stop E3C ». Visible dans les cortèges des manifestations contre la réforme des retraites, ce slogan pourrait bientôt prendre tout son sens. Porté par les professeurs de lycées, il incarne la crise que traverse actuellement le second degré. Les « E3C » (pour épreuves communes au baccalauréat) ce sont des examens hybrides, à mi-chemin entre un devoir surveillé et une épreuve du bac, qui concernent ce trimestre tous les élèves de première en histoire-géo et en langues. Ces épreuves du nouveau baccalauréat, instauré avec la réforme Blanquer, doivent se tenir à compter du lundi 20 janvier, jusqu’aux vacances de février. Mais pour l’heure rien n’est moins sûr. Depuis plusieurs semaines des appels à perturber les examens circulent dans plusieurs lycées, chez les élèves comme chez les professeurs.

Nouveaux modes d’examens, numérisation des copies, nouvelles consignes de surveillance… Les problèmes s’empilent dans le corps professoral, en charge de la correction des copies. En théorie les enseignants doivent piocher dans une « banque nationale des sujets » pour proposer à leurs élèves un sujet d’examen, la fin du bac national. Problème : l’inventaire a été mis en ligne dix jours en retard, le 9 décembre. De quoi faire ruminer davantage les équipes pédagogiques. « On s’oriente vraiment vers un bac local, donc inégalitaire ou faussé, comme le redoutaient les opposants à la réforme, puisque les sujets seront finalement souvent choisis par les professeurs et les copies corrigées par eux ! » indique Catherine, syndiquée au SNES de toulouse, le syndicat national des enseignants du second degré.

Cinq lycées mobilisés à Toulouse

Plusieurs lycées toulousains ont appelé au boycott des épreuves. Grève de la surveillance, refus des corrections ou de numérisation des copies… Une carte édifiée par le collectif « Stop E3C » recense cinq lycées toulousains déjà mobilisés pour empêcher le déroulement des épreuves : https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1f7llY9_svRQv_3zJ5bbh37kwXLER430V&ll=44.78278889206227%2C1.3632588499999656&z=5

Les épreuves communes de contrôle continu comptent pour 30 % de la note du nouveau bac. Du côté des séries technologiques, ce sont les épreuves de mathématiques qui pourraient être empêchées.