Les membres du corps médical sont en rogne, difficile de le dire autrement. Et pour preuve. Aujourd’hui, le Collectif Inter-Hôpitaux a annoncé dans un communiqué que plus de 1000 médecins se sont engagés à démissionner de leurs fonctions administratives.

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé avait annoncé en novembre dernier qu’ « une rallonge budgétaire de 1,5 milliard d’euros et une reprise de 10 milliards d’euros de la dette étalés sur trois ans » allaient être mis en place. Mais les praticiens ne veulent plus continuer à patienter, c’en est trop pour eux. L’urgence se joue maintenant dans les hôpitaux.

Le Docteur Gruber Arnault, médecin généraliste à Colomiers et membre de la Confédération des Syndicats Médicaux Français, tire le sonnette d’alarme. « La médecine c’est de l’humain, c’est de l’empathie. Il faut que nos législateurs passent un peu moins de lois, un peu moins de contraintes, et qu’on puisse retrouver un exercice médical non contraint ». À ça, il fait référence aux tâches administratives qu’ils doivent effectuer chaque jour. « On passe une à deux heures par jour à faire de l’administratif, on a vraiment autre chose à faire. Il serait bien par exemple, de ne pas demander aux médecins des certificats médiaux pour tout et n’importe quoi ». 

L’ économie au détriment des patients


Selon lui, les services médicaux sont désormais vus comme des entreprises et ça, ça ne va pas avec le secteur de la santé. « Quand on ferme les services parce qu’il n’y a pas assez de personnel, c’est en partie parce qu’il n’est pas payé comme il faut et parce qu’il travaille trop. Les infirmières ou les aides-soignantes que l’on fait revenir le week-end ou le soir parce qu’il n’y a personne pour les remplacer, tout ça c’est à cause d’une gestion financière de la santé publique et des hôpitaux. L’hôpital doit être ‘’ performant ’’, et ça, ce n’est pas normal ». D’après le Docteur Gruber, les patients pâtissent de ces moyens financiers de plus en plus restreints. « Les urgences ne sont pas saturées parce qu’il y a trop de monde qui y vont. Si elles le sont, c’est par exemple parce qu’il manque des lits d’aval. Avant, on avait un lit pour mettre les patients, on n’avait pas à le scotcher sur un brancard ». 

A Purpan, le personnel hospitalier est à bout de souffle. Crédit photo : L.F.