Le message est clair, net et concis. Invité du 20 heures de France 2 hier soir, Edouard Philippe a mis en avant sa détermination à faire passer coûte que coûte la réforme des retraites.

« Nous allons aller au bout et, au fond, tous ceux qui incitent (les grévistes) à poursuivre la grève les envoient peut-être dans une impasse (…), je pense qu’ils devraient prendre leurs responsabilités », a déclaré le chef du gouvernement, un jour à peine après avoir annoncé le retrait de l’âge pivot, fer de lance du mouvement de mobilisation contre la réforme.

L’ancien maire du Havre estime être parvenu à un « compromis » en proposant de retirer provisoirement du projet l’âge-pivot de départ à la retraite et en mettant en place une « conférence de financement » pour équilibrer les retraites à l’horizon 2027. Il s’est félicité du compromis obtenu avec la CFDT de Laurent Berger. Il avait adressé samedi une lettre aux partenaires sociaux, découpée en huit points.

Fort de cette « détermination » visible à l’antenne, il en a appelé à « la responsabilité » des grévistes. « Je pense qu’ils devraient prendre leurs responsabilités, et je constate que la décroissance progressive du taux de grévistes dans les entreprises de transports fait que les prévisions sont plutôt bonnes. Vous connaissez la phrase : ‘Il faut savoir terminer une grève’. »

Pour l’heure l’intersyndicale n’est évidemment pas convaincue par ces annonces et appelle à poursuivre le mouvement et à défiler le 16 janvier, pour la sixième fois depuis le 5 décembre. La CFDT de Laurent Berger salue le geste mais reste prudente. « Le gouvernement a fait un geste, et nul ne peut le contester. Mais ce retrait n’est pas un chèque en blanc », a averti le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, dans Le JDD.