Le Mardi 3 septembre 2019, était le jour de l’ouverture du Grenelle des violences conjugales. Un évènement qui a eu lieu quelques jours après qu’une 100ème femme décéde sous les coups de son compagnon en 2019. En France chaque année, c’est en moyenne 220 000 femmes qui sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Des moyens de plus en plus conséquents sont en train d’être mis en place par le gouvernement à l’image du numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences: le 3919.

C’est en référence à ce numéro, que Marlène Schiappa la secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes ainsi le gouvernement ont décidé de lancer le premier Grenelle des violences conjugales qui a commencé le 3 septembre 2019 (3/9/19) et se terminera le 25 novembre, date de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. C’est environ 80 personnes issues de domaines différents qui feront vivre les discussions. Des agents publics, des associations, des acteurs de terrain, des représentants des forces de l’ordre, des professionnels de santé, des magistrats et avocats, ont ainsi été conviés.

Comment fonctionne le 3919 ?

Depuis le 1er janvier 2014, le 3919 est le numéro national d’écoute et d’orientation destiné aux femmes victimes de violences (violences conjugales, violences sexuelles, mariages forcés, mutilations sexuelles féminines, violences au travail). Il est entièrement gratuit et les appels sont anonymes. C’est à ce jour le moyen le plus simple pour une victime de se faire entendre et comprendre. La ligne est ouverte 7 jours sur 7, du lundi au vendredi de 9h à 22h, les samedi, dimanche et jours fériés de 9h à 18h. Ce n’est autre que la Fédération Nationale Solidarité Femmes qui gère cette ligne. La FNSF est épaulée par le Ministère chargé des droits des femmes et également par les principales association luttant contre les violences faites aux femmes.

Les mentalités ont-elles changées ?

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Quels chemins doivent suivre les femmes victimes pour déposer plainte ou se faire aider ?

Selon l’Insee , sur les 220 000 femmes victimes de violences en moyenne, seulement 19 % déclarent avoir déposé une plainte en gendarmerie ou en commissariat suite à ces violences. Mais pourquoi si peu de femmes poussent la porte des commissariats?

Quand on fait l’expérience, d’aller dans un hôtel de police on arrive dans un lieu froid, austère, et surtout avec beaucoup de monde. Il doit être très dur de se confier et d’avouer se faire battre par son mari . Sachant que le monde de la police reste un monde d’homme, peu enclin à comprendre et surtout ne croyant pas toujours le témoignage de ces femmes qui viennent déposer plainte.

A l’opposé, quand on pousse la porte d’une association tel que lAVAC Toulouse (Association vivre autrement ses conflits) qui se situe 17 Rue Peyras en plein centre-ville de Toulouse, on rentre dans un endroit beaucoup plus chaleureux et beaucoup plus intimiste. « Le plus important c’est que la femme victime qui pousse la porte se sente à l’aise. Notre mission principale c’est d’écouter, de comprendre et surtout de croire ces malheureuse femmes pour qu’on les aide à sortir de leur calvaire » Marie-Jacques Bidan Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste et responsable du projet de l’AVAC.

Aller chercher de l’aide au près des association spécialisées, et aujourd’hui peut-être le meilleur moyen pour une femme victime de violences de faire avancer les choses. Elle ne sentira plus seul face à son problème.

Qu’est-ce que prévoit de faire l’Etat pour faire reculer le nombres de femmes violentées ?

Une des grandes causes du quinquennat d’Emmanuel Macron n’est autre que l’égalité hommes/femmes. Il serait donc normal pour le gouvernement de mettre en place des moyens exceptionnels pour lutter contre les violences faites aux femmes. Malheureusement en deux ans, le gouvernement a été bien trop timide face à la gravité de ces évènements qui ruinent voire enlèvent la vie à des milliers de françaises. Mais lors du discours du Premier ministre, Edouard Phillipe à l’occasion de l’ouverture du grenelle des violences conjugales les français ont pu apercevoir une lueur d’espoir puisque des mesures d’urgence ont été annoncées par l’ancien maire du Havre. Le premier ministre insiste sur le fait qu’au delà des mesures, il est primordiale de changer les mentalités.

Parmi ces différentes mesures, voici une liste de mesures des plus novatrices:

  • protéger les femmes victimes en leurs assurant une mise à l’abris rapide
  • Mieux considérer les femmes qui viennent déposer plainte dans les commissariats en formant le plus rapidement possible les forces de l’ordre
  • Possibilité de déposer plainte à l’hôpital 
  • Des procureurs spécialisés dans les violences conjugales vont être présent dans tous les tribunaux de France
  • Un bracelet anti rapprochement va être mis en place, si les deux personnes portant ce bracelet se rapprochent trop la police sera avertie et pourra intervenir dans les plus brefs délais