Construit il y a quinze ans, le quartier de Borderouge n’a jamais su implanter un solide coeur économique en son sein. Mais l’arrivée d’un cinéma, à la pointe de la technologie, début juillet pourrait bien rebattre les cartes. 

Lorsqu’on sort de la station de métro, et qu’on foule le pied de la place Maourine, censée être le lieu de vie principal du quartier, une chose nous frappe : le silence… Comme si ce petit bout de ville, situé au nord de Toulouse, était endormi. La raison de ce manque d’activité est simple, l’absence de commerces. Pour dire, même le centre commercial du quartier, censé en être le coeur, est seulement composé d’une petite dizaine de boutiques. Les rares fast-foods, salons de coiffure, ou épiceries implantées se confondent avec les habitations, car installées dans des bâtiments en bois, ultra-modernes, mais assez incohérents avec les services proposés en leur sein.

« Il est vrai que le quartier n’est pas très vivant. Parfois on oublierait même que l’on est à Toulouse, la 4ème plus grande ville de France. Les jeunes qui habitent ici fuient Borderouge comme la peste, même pour ne rien faire, juste trainer, ils prennent le métro et vont ailleurs » peste Jeannine, une retraitée qui habite le quartier depuis quelques années. 

Seule animation qui fait « déplacer les foules », le marché du samedi. Mais ce jour-là, ce sont principalement des anciens qui viennent se rencontrer. Assez déplaisant pour le quartier qui se voulait être le plus moderne de Toulouse. « Ils ont voulu chasser les vieux de Borderouge en ne construisant que des bâtiments futuristes, mais au final, c’est les seuls qu’on voie dehors », s’amuse Jeannine. 

Ainsi, le quartier de Borderouge est ce qu’on pourrait appeler un quartier-dortoir, au même titre qu’une ville-dortoir. Un endroit où les gens habitent, mais ne travaillent pas. Ce qui pourrait venir appuyer cette thèse, c’est l’omniprésence de bâtiments, tous ultras-modernes. On estime qu’un peu moins de 15 000 personnes habitent ce quartier. Soit autant qu’à Blagnac, sauf qu’en matière d’activité (humaine et économique), Borderouge est bien loin de la ville qui abrite Airbus. 

Un cinéma pour dynamiser le quartier ? 

Alors, pour rendre le quartier plus vivant, la Ville a décidé d’y installer la première salle de cinéma Utopia, intra-muros (l’autre étant à Tournefeuille). Ces salles de cinéma ont pour particularité de présenter une programmation éclectique, notamment en proposant des films d’auteurs, mais aussi des débats, des conférences… Mais dans les 1 182 mètres carrés d’espace dont bénéficiera le cinéma, il y aura plus que trois salles de cinéma, à savoir une salle de conférence et un bar-restaurant. Un vrai lieu de vie donc, où les scolaires auront également leur place, puisque des projections leur seront dédiés en matinée.

Sur place, les derniers ajustements ont lieu / Aury Bouzar

Tous ces équipements ont un coût, 3 millions d’euros précisément, financés en partie par un emprunt de 1,5 millions d’euros, qui seront remboursés par le l’IFCIC (Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles). Le reste du budget sera, entre autres, subventionné par Comité national du Cinéma (450 000 €), mais également par le département, et la région qui contribueront, chacun, à hauteur de 320 000 €. Un investissement conséquent, qui prouve un besoin de nouvelles infrastructures dans le quartier.

En somme, le cinéma Utopia permettra au quartier de Borderouge, de gagner l’attrait et de l’animation. Mais, point non-négligeable, il lui amènera également un certain rayonnement culturel, en permettant, notamment aux enfants, découvrir des films qu’ils n’auraient sans doute vus dans des cinémas classiques.

Le cinéma sera inauguré le mardi 2 juillet, en présence, notamment de Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse.

Quelques chiffres pour mieux connaître le projet Utopia/ Aury Bouzar