À Toulouse, de plus en plus d’enfants ou d’adolescents ont une vie spéciale. Ils suivent à la fois un cursus scolaire normal et sont sans domicile fixe. Il y’en environ 130 élèves qui sont dans ce cas d’après les chiffres de la campagne « Un toit pour apprendre » lancée par les associations DAL 31, FCPE, LDH et CGT Education. Cela fait maintenant 4 ans que cette campagne existe.

En France 600 000 enfants sont mal-logés, selon la fondation Abbé Pierre. Parmi eux, certains sont à la rue avec ou sans leur famille, d’autres sont hébergés chez des tiers ou à l’hôtel, certains vivent dans des structures d’hébergement collectives tandis que d’autres subissent les mauvaises conditions de leur logement. Toulouse est donc loin d’être la ville la plus touchée par ce phénomène qui ne devrait même pas existait. L’absence ou les mauvaises conditions de logement ont des conséquences sur sa réussite et son adaptation scolaire. La durée et la qualité du sommeil vont être impactées, tout comme l’alimentation et l’hygiène qui sont un frein en plus à la réussite des élèves.

« Une famille avec cinq filles, en primaire, collège, et lycée, qui est à la rue. »

Une des nombreuses militantes de l’association Droit au logement 31 (DAL31) Anaïs Garcia nous fait comprendre que la réalité est bien plus grave que les chiffres énoncés car chaque jours de nouvelles familles se retrouvent à la rue:

« Nous voulons alerter sur le fait que de nombreuses familles avec des enfants scolarisés vivent à la rue ou de manière très précaire à Toulouse et se retrouvent sans solution. Chaque jour, le 115 reçoit au moins 60 appels quotidiens pour demander un hébergement d’urgence. Nous avons par exemple une famille avec cinq filles, en primaire, collège, et lycée, qui est à la rue. Comment étudier sereinement dans ces conditions ? »

Les associations multiplient les activités  pour se faire entendre

Pique nique, blocage ou encore fête devant les écoles sont les évènements organisés par les associations. Même si la campagne prends de l’ampleur et réussit à trouver des logement pour certaines familles. La Mairie de Toulouse ferme les yeux dans la majorité des cas. L’association DAL 31 se plaint même de certaines entraves à leurs rassemblements de la part de la Mairie. Pourquoi la Mairie ne réagit pas ? Malgré nos sollicitations nous avons eu de réponse. Les demandes des associations ne sont pourtant pas excessive . Elle demande la mise à l’abri immédiate des familles concernées, un engagement de la Mairie et la Préfecture sur la liste des familles de la campagne « Un toit pour apprendre » menacées d’être à la rue ainsi le remboursement des frais engagés par les parents d’élèves de l’école pour payer des nuitées d’hôtel aux familles, les institutions ayant refusées de le faire.

Un problème invisible

Cela est très dure de se rendre compte de la situation des enfants sans domicile fixe car on ne les voit que très peu. Cela peut arriver de croisés dans les rues de Toulouse des familles entières mais ce n’est pas évidant de comprendre que ces enfants sont scolarisés . Le grand public n’est pas au courant de ce phénomène. « Je m’en doute mais ce n’est pas quelque chose qui me vient à l’esprit quand je les vois dans la rue. » réagit une trentenaire interrogée à ce sujet. « Pour dire la vérité, il y’a tellement de SDF à Toulouse que je ne les vois même plus. » répond un jeune étudiant en droit.

Le « plan logement d’abord », une solution ? 

Emmanuel Macron avait annoncé mettre en place le plan logement d’abord ayant pour but la lutte contre le sans-abrisme, a pour ambition de diminuer de manière significative le nombre de personnes sans domicile d’ici 2022. Cela semblait être la solution mais pour Anaïs Garcia ce plan ne sert à rien:  »  Emmanuel Macron est venu annoncer à Toulouse son plan Logement d’abord, en promettant qu’il n’y aurait plus de sans-abris d’ici la fin de l’année. Mais deux an plus tard, la situation s’est aggravée ».

https://www.youtube.com/watch?v=xaV1J_UjmsE&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1XRqoRIp3WgmXG_WhI0O59QwuQr3za51kuNv7IZNS1iQHI_uoSCkaQdIo