Redessiner le système éducatif : ce lundi 11 février, le projet de loi porté par Jean-Michel Blanquer est examiné à l’Assemblée. Âge d’instruction obligatoire abaissé, meilleure formation des enseignants, on vous explique quelques unes des nouvelles dispositions pour « une école de confiance ».

Élever le « niveau général des élèves et la justice sociale », tel est l’objectif de ce nouveau projet de loi porté par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse. De nouvelles dispositions qui sont débattues ce lundi à l’Assemblée pour redessiner le système éducatif de la maternelle au collège. Celles-ci devraient entrer en vigueur dès septembre, pour la rentrée 2019.

L’âge d’instruction obligatoire abaissé à 3 ans

Première grande disposition : l’école deviendrait obligatoire à partir de trois ans, alors que l’âge d’instruction obligatoire est aujourd’hui fixé à six ans. Cette mesure concernerait 26 000 élèves dès la rentrée prochaine. En effet, selon une étude d’impact du ministère, 98,9% des enfants de 3 à 5 ans seraient déjà scolarisés.

Avec cette nouvelle mesure, l’État espère « la réduction des inégalités dès le plus jeune âge, et notamment la première d’entre elles, celle de l’inégalité face au langage ». Toutefois, les communes devront donc financer les écoles maternelles privées sous contrat. L’État s’engage alors à compenser ces dépenses supplémentaires.

Une formation plus complète des enseignants

Les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé) viendront remplacer les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), chargées actuellement de former les enseignants de maternelle au lycée.

L’objectif de cette nouvelle disposition est de renforcer la formation des enseignants pour mieux répondre aux exigences de la profession. Par ailleurs, les assistants d’éducation (surveillants) pourront désormais se voir confier des missions d’enseignement, à condition que ceux-ci préparent les concours au métier d’enseignant. Ils pourront également être recrutés pendant trois ans, contre un an auparavant.

Ouverture à l’international

Le texte prévoit un développement sur le modèle de l’École européenne de Strasbourg avec de nouveaux établissements locaux d’enseignement international. Le but étant de préparer les élèves dès le plus jeune âge au baccalauréat européen ou au diplôme national du brevet et du bac.

Une mesure qui pourrait être financée par l’Union Européenne ou par d’autres organisations internationales.

Un devoir « d’exemplarité » pour les professeurs

Le projet de loi demande « une exemplarité » des personnels et le « respect » par les élèves et les familles. « La qualité du service public de l’éducation dépend de la cohésion de la communauté éducative ».

Dans un contexte de haute tension où les mouvement des #Stylosrouges ou #Pasdevague ont émergé fin 2018, certains syndicats expriment leur opposition à ce nouveau projet de loi. Pour eux, certaines propositions viseraient à réduire leur liberté d’expression. Jean-Michel Blanquer a immédiatement réagi en rétorquant qu’il ne voulait « toucher en quoi que ce soit au devoir de réserve ».

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