Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé qu’une enquête judiciaire a été ouverte après la grave blessure d’un manifestant à Paris, samedi 9 février, lors d’un rassemblement de « Gilets jaunes » devant l’Assemblée Nationale. L’homme a eu la main arrachée après avoir ramassé une grenade de désencerclement. Le parquet de Paris a ouvert en parallèle une enquête pour rechercher les causes de ses blessures.

Des images difficilement soutenables. À Paris, près de l’Assemblée nationale, des échauffourées éclatent entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui tentent de forcer le passage vers l’Assemblée. Vers 13 heures, les gendarmes mobiles ont fait usage de grenades de désencerclement pour disperser la foule. Un homme, âgé d’une trentaine d’années, a vu sa main arrachée après avoir tenté d’en ramasser une. Prise en charge par les « street-medics » puis les pompiers, la victime a eu plusieurs doigts arrachés lors de l’explosion, nécessitant une opération d’urgence dimanche matin.

« L’opération a été longue ce matin, c’est un travail méticuleux, c’est une blessure grave que je regrette. On a déclenché immédiatement une enquête judiciaire pour comprendre ce qui s’est passé »

Christophe Castaner, Ministre de l’Intérieur, sur France Info et France Inter

Enquête en cours

L’homme touché, un plombier originaire d’Argenteuil dans le Val d’Oise, manifestait « en tant que citoyen » selon son père, interrogé par RT France. L’incident a eu lieu lorsque une quinzaine de gendarmes, encerclés par des manifestants, ont tenté de se dégager grâce à des gaz lacrymogènes et des grenades GLI-F4, dites de « désencerclement ». L’enquête ouverte devra déterminer dans quelles circonstances cette grenade est arrivée à portée de l’homme touché, et pourquoi il s’en est saisit. L’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN) est en charge des investigations.


Pour rappel, la France est le seul pays en Europe à utiliser des grenades GLI-F4 dans le cadre du maintien de l’ordre, depuis 2011.