Les patrons d’auto-écoles se mobilisent dans plusieurs villes de France contre l’« ubérisation » de leur profession. Un rapport parlementaire serait en passe de menacer leur réseau au profit des plates-formes en ligne.

C’est un rapport LRM de la députée du Gard Françoise Dumas qui a mis le feu au poudre. Non rendu public pour le moment, il a tout de même mis en colère les trois organisations de la profession. Le document prévoit une suppression de l’agrément départemental (NDLR : encadré et délivré par les Préfectures), au profit d’un agrément national, ce qui annulerait l’obligation d’avoir un local pour les auto-écoles du pays. Une mesure qui aurait pour conséquence de favoriser les plateformes en ligne, employant des moniteurs auto-entrepreneurs.

Les auto-écoles vent debout

Les trois principaux syndicats (CNPA, Unidec, Unis) ont appelé à un blocage du périphérique parisien ce matin et d’autres actions dans plusieurs villes de France. Ils dénoncent une manoeuvre du gouvernement, qui avait promis un « permis à moindre coût », voulu par Emmanuel Macron. Les professionnels du secteur craignent eux, une baisse de la qualité du permis et un plus grand nombre d’accidents sur les routes, sans compter la baisse de proximité entre moniteurs et apprenants.

« Tuer la proximité, c’est tuer la qualité. Et quand la qualité de l’enseignement du permis de conduire est bradée, ça devient un permis de tuer. »

P.Bessone, président du CNPA-Education routière

Pour favoriser une baisse du permis, les auto-écoles proposent d’autres pistes : baisse de la TVA, développement de cours collectifs, simulateurs de conduite et de meilleures orientations vers les dispositifs d’aides financières.