Depuis vendredi 8 février, les témoignages de victimes de la Ligue du LOL pleuvent sur la toile. Des années de harcèlement enfin dévoilées.

Durant le week-end, vous avez certainement entendu parler de Mélanie Wanga, Benjamin LeReilly ou encore Florence Porcel et j’en passe. Tous ont été victimes de cyber-harcèlement il y a quelques années de cela. Un cyber-harcèlement orchestré par La Ligue du LOL.

Florence Porcel, youtubeuse, comédienne et animatrice connue pour ses vidéos YouTube sur comme elle le dit si bien « La folle histoire de l’Univers ». Nous sommes en 2013, lorsque la jeune femme travaille en tant que community manager pour l’émission Le Vinvinteur diffusée le dimanche soir à 20 heures sur France 5. À cette époque – comme elle le dit elle-même dans une série de tweet publiés à la suite des révélations sur le scandale Ligue du LOL – Florence Porcel était intermittente et vivait en situation précaire. Un jour, elle reçoit un appel, du soi-disant rédacteur en chef d’une émission « très en vue » pour une proposition de poste. Bien évidemment, cet appel s’est avéré être un canular oeuvré par un journaliste membre de la Ligue du LOL. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Quelques jours plus tard, le journaliste en question décide de publier l’enregistrement de l’appel sur la plateforme SoundCloud. Si vous me permettez l’expression, pour Florence Pourcel, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis des années déjà, la jeune femme a connu un cyber-harcèlement mais aussi un harcèlement physique, l’obligeant à changer son comportement et son mode de vie. Le mode de vie d’une femme harcelée et traquée.

Cette histoire, c’est l’histoire de Florence Porcel. Une histoire parmi celles des autres victimes de la Ligue du LOL.

Ligue du LOL ou Ligue du harcèlement ?

En 2009, le groupe privé Facebook « La Ligue du LOL » voit le jour. Composée d’une trentaine de journalistes, graphistes, publicitaires et informaticiens – en majorité des hommes – cette « Ligue » était un groupe sans principale fonction. Twitter venait de faire son arrivée en France, son but n’était pas encore bien fixé et très vite les membres de ce groupe s’y sont installés et la Ligue est devenue « un laboratoire du bon mot et surtout un salon où l’on cause des potins de l’écosystème web naissant. » comme l’exprime dans un tweet d’excuse Alexandre Hervaud, mis à pied aujourd’hui par Libération.

Mais très rapidement, les membres du groupe les plus borderline se sont lancés dans une course au harcèlement. Homophobie, sexisme, racisme ou même jugement pur et dur, tout y passait. Tous étaient conscients de ce qu’il se passait et tous les membres de ce groupe ont commis des actes plus ou moins graves.

Libération met à pied deux de ses journalistes

Le 5 février, un journaliste de Slate, Thomas Messias, publie un tweet qui parle « d’une meute de harceleurs de féministes » sans citer quiconque, ni même la Ligue du LOL. Mais le tweet a rapidement fait réagir Alexandre Hervaud sur le même réseau social.

Les choses se sont alors accélérées quelques heures plus tard, lorsque Aïcha Kottman, critique de série, mentionne pour la première fois la Ligue du LOL.

Le vendredi 8 février, le quotidien Libération, hébergeant d’anciens membres du groupe, publie alors un article sur la Ligue du LOL. Cet article au ton « mythe ou réalité » a soulevé internet tout au long du week-end. Suite aux nombres de témoignages qui ont suivi la mise en lumière de ce « mouvement », le journal a décidé de mettre à pied « à titre conservatoire » le journaliste Alexandre Hervaud mais également le pigiste Vincent Glad. La direction du journal a tenu à préciser que cet acte avait été prit dans le cadre d’une enquête diligentée en interne et ne serait donc pas une sanction.