C’était l’un des lieux de rencontre les plus fréquentés, mais les bars PMU n’ont aujourd’hui plus la côte. Changement d’ambiance, de mentalité ou de méthode de parie, le fait est que ce marché est en chute.

Retraités ou pas, grand-pères ou jeunes étudiants, par le passé, beaucoup ont fréquenté ces bars PMU. Aujourd’hui, cette entité est en perte de vitesse, les habitués des lieux ne s’y reconnaissent plus. Nadine, elle-même gérante d’un de ces bars avoue ne plus voir la même clientèle : « Avant, on faisait des après-midi dantesques, les parieurs suivaient le « course par course ». Aujourd’hui, il n’y a plus personne l’après-midi, les gens viennent faire le quinté du matin et repartent, ils ne font que se croiser. »

Aujourd’hui, il y a 2600 habitants par buraliste (contre 1800 en 2004)

Il est bien là le problème, les « anciens » y cherchaient de la convivialité, de l’échange. Des souvenirs dont Marcel peut témoigner : « Avant on venait avec des amis, on prenait le café, on achetait le journal. On demandait aussi à chacun ce qu’il en pense, on jouait a moitié avec le collègue. Aujourd’hui le public à changé. » Marcel parie donc désormais dans ce « salon PMU », une enseigne directement montée par le site de pari où tout est pensé en fonction des mises et des suivis. Fini les tables, chaises, banquettes et café. Place aux écrans géants et bornes de pari, la magie n’est plus la même.

Michel : « Les bars PMU sont devenus des nids à m**** »

Les bagarres ne sont plus rares dans les bars PMU. Nicole nous le confirme : « Il ne faut pas faire de généralité mais oui, il y a plus de bagarres. Les jeunes boivent plus et éméchés, il arrive qu’il y ait des accrochages, voire plus. » Un constat également observé, avec regret, par Michel : « Il y a trop d’histoires, les PMU ils ne veulent plus voir toute la foule arriver, ils n’en peuvent plus, ils sont obligés de fermer. » Mais l’alcool n’est pas la seule et unique raison de ces règlements de compte. En effet, selon beaucoup des parieurs interrogés, il est devenu plus difficile de gagner, les côtes sont moins hautes. Ainsi, les jeunes parient plus d’argent, ils ont davantage de pressions et pour une défaite ou un simple mauvais conseil la situation peut dégénérer. 

Les bornes, nouvelle façon de parier. / Crédit photo : T. Arlet

Internet a fini de tuer les bars PMU

Dans le même temps que les bagarres repoussent les « vieux parieurs », internet n’incite pas à se déplacer. Ce schéma est sensiblement le même que celui observé avec les commerces dits « lambdas ». Aujourd’hui, les leaders du commerce en ligne tels qu’Amazon, ou Price Minister tuent à petit feu les petites boutiques. Principal argument pour sauver ces commerces : la qualité et la capacité de se faire conseiller. Pour ce qui est des paris hippiques, les côtes sont les mêmes dans les bars ou en ligne et il n’est pas difficile de trouver des conseillers sur internet. Ainsi, les parieurs misent depuis chez eux et regardent les courses devant leur télé. Le pari est un loisir en pleine mutation, en même temps que la société. Dans ce sens, les bars PMU se font de plus en plus rares, au grand damne des anciens habitués, mais il s’agit là bien d’une espèce en voie de disparition.