Arrêtés à Caracas la semaine dernière, alors qu’ils couvraient la crise politique du Venezuela, Baptiste de Monstiers et Pierre Caillé ont raconté leurs conditions de détention.

« Tu ne verras plus ta famille, tu ne rentreras plus jamais chez toi ». Les deux journalistes ont vécu des moments difficiles, en détention au Venezuela. Invités sur le plateau de Quotidien lundi soir, Baptiste de Monstiers et Pierre Caillé sont revenus sur les trois jours qui ont précédé leur retour en France.

Les deux journalistes de l’émission de Yann Barthès ont été arrêtés à proximité du palais présidentiel le 30 janvier dernier. Ils filmaient alors des images avec leurs smartphones. À ce moment là, les journalistes ne possèdent qu’un visa touristique, comme beaucoup d’autres journalistes sur place.

Des difficiles conditions de détention

Les journalistes vont être suspectés de travailler pour l’espionnage français. À partir de ce moment, les conditions de détentions vont devenir compliqués. Entre menaces répétées, menottes nuit et jour, un matelas pour deux pour dormir, les trois jours de détention vont devenir très difficiles pour les journalistes : « On avait droit à un verre d’eau qu’on partageait tous les jours » a témoigné Pierre Caillé.

Après la réaction de la France et leur demande de remise en liberté, les deux journalistes seront finalement expulsés le vendredi 1er février. Ils expliquent les derniers moments qu’ils ont vécu avant leur libération :

D’autres journalistes arrêtés

Si les deux journalistes français ont été arrêtés à Caracas, d’autres journalistes ont également été victimes d’arrestations. C’est par exemple le cas de trois journalistes de l’agence espagnole Efe. Avant leur arrestation, deux journalistes chiliens ont également été expulsés suite aux pressions exercés par le président Piñera pour obtenir leur libération.

Sur Twitter, Jorge Arreaza, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a dénoncé que des journalistes étrangers soient entrés dans le pays « sans réaliser auparavant la demande de permis de travail auprès de nos consulats ».

Au Venezuela, la censure des journalistes est très présente. Le pays est classé 143ème sur 180 pays dans le classement de la liberté de la presse. Les journalistes sont régulièrement agressés, victimes de violences, censurés. La presse écrite est également souvent mise en péril, avec de nombreuses pénuries de papiers.