Mediapart a annoncé ce mardi avoir transmis à la justice sept enregistrements concernant l’affaire Benalla. Dans l’un de ces enregistrements, Alexandre Benalla et Vincent Crase, ex-responsable de la sécurité du parti La République en marche, évoquent la destruction des preuves dans le cadre de l’enquête sur les violences du 1er Mai.

Pour « protéger ses sources », Mediapart s’est opposé à une perquisition dans l’enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » ouverte par le parquet. À la suite de cette réquisition formulée par les juges d’instruction en charge de l’affaire Benalla, Médiapart a remis sept enregistrements à la justice. L’un d’entre eux est inédit et a été enregistré le 26 juillet 2018 entre l’ancien chargé de mission de l’Elysée et Vincent Crase. Durant cet échange, les deux hommes, qui violent alors leur contrôle judiciaire, discutent d’effacer tout document compromettant de leurs téléphones.

« T’as effacé tout ce qu’il y avait dans ton téléphone ? », demanderait Alexandre Benalla à Vincent Crase dans l’enregistrement diffusé par Mediapart ce mardi 5 février.

« Bah, tout ce qui concerne Velours. Bien sûr, bien sûr… Chez les flics, ils ont pas pu regarder mon téléphone parce que je l’éteignais et je le rallumais à chaque fois. Ils n’ont pas mon code, hein. Et puis, franchement, les trois flics, les trois flics n’étaient pas contre moi, loin de là même, le major qui a tenu l’enquête me disait que ça le faisait vraiment chier de faire ça », répond Vincent Crase.

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Pendant cette rencontre le 26 juillet dernier, interdite par leur contrôle judiciaire, le gendarme Vincent Crase évoquerait aussi la possibilité de se rendre dans les locaux de La République en marche pour « faire le ménage », selon Mediapart, avant une perquisition. 

Toujours selon Mediapart, Vincent Crase et Alexandre Benalla ont ensuite songé à continuer d’échanger via les pages «brouillons» d’une boîte mail dormante.