Non-voyant depuis l’âge de 7 ans, Lucas Carbonnel, qui en a aujourd’hui 27, pratique le cyclisme en tandem. Vainqueur de la Coupe de France en 2017 et reconnu sportif de haut niveau par la Fédération Française en paracyclisme, il recherche aujourd’hui le partenaire idéal pour exercer sa passion.

C’est à l’âge de 7 ans que Lucas perd la vue suite à l’arrivée d’un syndrome : « à l’époque, je ne pratiquais aucune activité physique en club mais j’ai toujours aimé me dépenser. Du coup, très vite s’est posée la question de comment j’allais pouvoir combiner sport et handicap ».
Judo, natation, athlétisme, cécifoot*, Lucas n’en est pas à son coup d’essai. Grand amoureux du sport, c’est finalement sur le cyclisme que le Toulousain de 27 ans a jeté son dévolu. Propriétaire de son propre tandem, très vite, ce qui s’avérait être un simple loisir a laissé place à des envies de compétition.

Trouver la perle rare

À la suite de ses études, Lucas devient masseur-kinésithérapeute : « en ayant un emploi fixe, j’avais un peu plus de temps pour les entrainements. J’ai donc commencé à m’entraîner avec des amis qui me servaient de pilote ». Cependant, très vite, Lucas a besoin de progresser, de faire des entrainements plus réguliers.

« J’ai commencé à chercher un pilote pour des courses un peu plus officielles pour construire un projet de saison. »

Pour autant, trouver un pilote n’est pas chose facile. Première étape : trouver un club. C’est finalement dans celui de Muret, seul club valide affilié para-cyclisme à l’époque (2017), que le jeune homme prend sa licence. « En cyclisme, les clubs ne courent pas les rues, c’est un gros problème sur la région. » Après le dépôt de quelques annonces, Lucas parvient finalement à trouver un partenaire temporaire « le temps qu'[il] trouve un véritable cheval de course ». Au début de l’année 2018, Lucas et son pilote, ont participé à des courses nationales « j’avais qu’une envie, c’était de monter. Il y avait un super bon feeling, et les résulats suivaient. Malheureusement, c’était temporaire. Les courses demandaient un niveau d’exigence beaucoup plus important et mon pilote ne se sentait plus » Finalement, leur aventure aura duré deux ans.

Retour à la case départ.

« C’est la merde »

Après moult recherches et quelques articles dans la presse, Lucas Carbonnel retrouve finalement un partenaire. « Au bout des premiers essais, ça a très vite collé, on s’entend bien. Quand le feeling passe pas, c’est rédhibitoire, pas la peine d’être les meilleurs amis du monde, de se côtoyer depuis dix ans, mais quand ça match bien c’est génial. »
La saison 2018 fut brillante : à leur palmarès, une victoire à la Coupe de France, une médaille de bronze au championnat de France puis une médaille d’argent au contre-la-montre. À la suite de ces résultats, Lucas décroche même le statut de sportif de haut niveau par la Fédération Française.

Malheureusement, et comme il y a toujours un « mais », Lucas savait que ce nouveau partenaire n’était seulement disponible que quelque temps : pour des raisons professionnelles, celui-ci devrait renoncer aux courses à la fin de la saison. Résultat, le coureur se retrouve aujourd’hui sans pilote et avec des obligations en plus pour la saison 2019.

Pour l’heure, le tandem professionnel de Lucas reste au garage… / Cdt : DR

« Plus je pratique, plus je me régale, plus je me rend compte que quand on veut profiter de son sport et s’exprimer sur une activité, quand on dépend de quelqu’un c’est plus que rageant, toujours devoir quémander, ça fait des années que ça dure et je commence à en avoir ras le bol. »

Malgré de nombreuses annonces diffusées dans la presse et sur internet, Lucas commence à s’inquiéter pour la nouvelle saison.
« Colère, abattement, frustration, dépit. On se rend compte que, déjà, le quotidien sans la vue c’est la merde. Même pour faire une activité qui marche super bien, c’est la merde, tout est le bordel. »

Motivation et persévérance

Pour autant, le coureur ne lâche pas. En attendant de trouver un pilote pour la saison 2019 qui débutera au mois de mars, Lucas s’entraîne à son domicile. « Hors de question de rater une semaine d’entrainement », en plus du « home trainer », le jeune sportif continue les activités physiques d’extérieur : footing, natation.

>> Pour répondre à l’appel de Lucas Carbonnel :
lc.mkde@outlook.com
06 78 49 72 17

*Le cécifoot est la pratique sportive du football pour les déficients visuels