Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, a validé ce jeudi la procédure d’arrêt des soins demandée par le CHU de Reims concernant Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis dix ans.

Après 6 ans de bataille judiciaire, se dirige-t-on vers un dénouement dans l’affaire Vincent Lambert ? Ce jeudi, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a confirmé la procédure d’arrêt des soins de Vincent Lambert, hospitalisé à l’hôpital Sébastopol de Reims depuis 2008, après un accident de la route.

Dans l’arrêt du tribunal que s’est procuré l’AFP, les juges expliquent : « Il résulte (…) que le maintien des soins et traitements constitue une obstination déraisonnable » et « que la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu en vie dans l’hypothèse où il se trouverait dans l’état qui est le sien depuis dix ans, est établie. »

Une bataille judiciaire qui dure et qui divise

En 2014, le Conseil d’Etat s’était déjà prononcé en faveur de l’arrêt « de l’alimentation et de l’hydratation artificielle » de Vincent Lambert. Une décision suivie un an plus tard par la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui, en juin 2015, s’était dite favorable à l’arrêt des traitements.

Mais depuis son accident, la famille de Vincent Lambert s’est déchirée. D’un côté, sa femme, son neveu et plusieurs de ses frères et soeurs demandent l’arrêt des traitements. De l’autre, ses parents, un frère et une soeur, refusent cette éventualité.

Pour y voir plus clair, voici une petite infographie résumant les principales étapes de procédures de l’affaire Vincent Lambert.

« Des lésions irréversibles »

Dans un rapport rendu en novembre 2018, trois experts médicaux mandatés par la justice expliquent que le quadragénaire est atteint de « lésions encéphaliques irréversibles. » Ils avaient aussi conclu que sa prise en charge par les médecins du CHU de Reims ne relevait pas de « l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable. » Une affirmation que les juges du tribunal administratif de Châlons-en-Champagnes ne partagent pas.

Est-on vraiment arrivé à un dénouement ? Rien n’est moins sûr, puisque les parents de Vincent Lambert peuvent à nouveau saisir le Conseil d’Etat suite à cette nouvelle décision de justice.