La France souhaite rapatrier ses ressortissants en Syrie partis se battre pour l’Etat Islamique, actuellement retenus par les Kurdes. Nicolas Belloubet, ministre de la justice, a expliqué qu’une telle démarche permettrait de « contrôler » leurs agissements.

« Nous avons fait un choix, qui est celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France », a déclaré ce matin Nicole Belloubet, au micro de RTL. La ministre de la Justice a donc confirmé que Paris devrait rapatrier les ressortissants français partis en Syrie rejoindre les rangs de Daech, qui sont aujourd’hui détenus par les Kurdes syriens.

La manœuvre demeure encore au conditionnel, car la garde des Sceaux a ajouté que « les autorités françaises étudient plusieurs options », avant d’expliquer :« La situation nouvelle, qui est liée notamment au retrait des forces américaines a bouleversé la donne et évidemment nous nous préparons à un éventuel retour des Français qui sont actuellement au nord de la Syrie. »

Djihadistes rapatriés : que vont-ils devenir ?

La ministre a expliqué que le gouvernement préfère largement s’assurer de ce que deviennent les djihadistes concernés, « plutôt que de les laisser libre sans savoir où ils sont ».

Mais, au-delà de l’aspect informatif, le principal argument en faveur du rapatriement est l’âge des détenus. Certes, les adultes qui reviendront sur le sol français seront interpellés à leur arrivée, mais les djihadistes des camps Kurdes seraient en majorité de très jeunes individus « Nous pensons qu’à peu près à 75 % ce seraient des enfants de moins de 7 ans », a déclaré Nicole Belloubet, qui n’est cependant pas en capacité de donner un chiffre plus précis.

Une opinion partagée par le Premier ministre

Hier soir, Edouard Philippe était l’invité de France Inter. Durant son intervention il est revenu sur ce sujet, et a également défendu le choix du rapatriement 

« S’ils sont expulsés, je préfère qu’ils soient jugés et condamnés, sévèrement (…) punis en France plutôt qu’ils se dispersent dans la nature pour fomenter d’autres actions y compris contre notre pays », a exprimé le Premier ministre.