Un petit tour et puis s’en va… Le fonds d’investissement chinois Casil Europe, qui détient actuellement 49,99% des parts de l’aéroport Toulouse-Blagnac, souhaite revendre ses parts au plus offrant. Cette annonce intervient quatre ans après la vente des parts de l’Etat à la société de gestion, qui avait été très critiquée par les autres actionnaires publics.

500 millions, c’est la somme coquette que les prochains actionnaires de l’aéroport Toulouse-Blagnac devront verser aux chinois de Casil Europe, pour prendre la main sur 49,99% des parts de la structure. Le fonds aurait ainsi mandaté la banque d’affaires Lazard pour trouver des repreneurs. En cas de vente des parts à 500 millions, Casil Europe (qui ressemble les entreprises Friedmann Pacific Asset Management et Shandong Hi Speed Group) touchera 192 millions de plus que son investissement initial.

Une annonce fraichement accueillie par les actionnaires publics

Les relations étaient particulièrement tendues entre Casil Europe et les actionnaires publics de l’aéroport. Le conseil départemental de la Haute-Garonne, le conseil régional d’Occitanie, la CCI de Toulouse et Toulouse Métropole, qui détiennent à eux quatre 40% du capital de l’aéroport T-B, ont plusieurs fois dénoncé les méthodes de gestion du fond chinois. Les actionnaires avaient notamment débarqué Jean-Michel Vernhes, président historique du directoire de l’aéroport.

Cette annonce fait suite à un énième refus de l’Etat de vendre ses parts restantes dans l’aéroport (10,1%) au consortium chinois. Les actionnaires majoritaires étant dans le public (50,1% des parts), Casil Europe a donc décidé de vendre rapidement. Une annonce qui a fait réagir le collectif contre la privatisation de la gestion de l’aéroport Toulouse-Blagnac, qui lutte pour que le capital d’ATB reste majoritairement dans le domaine public. Ce collectif avait déjà alerté quant aux risques précoces de ventes des actions par le consortium chinois.