Ils étaient déjà qualifiés avant le match. Ils voulaient terminer sur une bonne note. C’est chose faite. Les Toulousains ont battu sur le fil les Anglais de Bath (20-17) et se qualifient donc pour les quarts de finale de la Champions Cup, comme lors de la saison 2016-2017. Ça sera face au Racing 92 pour un choc franco-français.

Le résumé : du bon Toulouse avant de trop gérer

C’est devenu une habitude cette saison. Toulouse commence très bien ses matchs. Les supporters, nombreux cet après-midi dans un stade Ernest Wallon à guichets fermés, ne pouvaient pas se permettre d’arriver en retard au risque de manquer les premières attaques tranchantes des « Rouge et Noir ».

Il a tout de même fallu attendre la 15ème minute pour voir le deuxième ligne Joe Tekori inscrire le premier essai du match après un gros travail des avants. Malgré des conditions climatiques difficiles, les coéquipiers de Maxime Médard ne se sont pas privés pour « envoyer du jeu » comme à l’accoutumée depuis le début de la saison.

Après 33 minutes, le Stade toulousain menait 17-3 grâce à un essai d’Antoine Dupont, très bon en première période, et se dirigeait vers un succès bonifié…

En deuxième période, les mauvaises langues diront que les Toulousains ont tout fait pour éviter d’inscrire deux essais supplémentaires, synonymes de bonus offensif et donc d’un déplacement au Leinster, favori de la compétition. Pour être honnête, depuis le stade, malgré une bonne entame, les Stadistes ont baissé d’intensité, laissant la possession aux Anglais. À ce petit jeu, Toulouse aurait pu perdre gros car les joueurs de Bath, désireux de prendre leur revanche sur le match aller, n’ont pas démérité échouant à seulement trois petits points (20-17).

Si Ugo Mola a nié en bloc le fait de gérer pour éviter le Leinster, beaucoup d’amateurs de rugby n’ont pas apprécié l’attitude des Toulousains sur Twitter. Dans les tribunes, l’ambiance était au beau fixe malgré un jeu moins séduisant. La morale ? Historiquement et bien souvent dans le rugby, la roublardise des Anglais a fait défaut aux Français. Il est plutôt cocasse que les rôles s’inversent aujourd’hui.

Le moment décisif : la pénalité de Ramos

On joue la 69ème minute. Toulouse mène de sept points (17-10) et vient d’encaisser un essai cinq minutes plus tôt, relançant ainsi l’interêt de la rencontre. Après une faute anglaise, les Toulousains choisissent (à la demande de leur manager Ugo Mola) de tenter la pénalité. Thomas Ramos, entré en cours de match et meilleur réalisateur de la compétition, inscrit les trois points et permet à son équipe de prendre 10 points d’avance (20-10). Un choix payant car quelques minutes plus tard, Bath aplatissait un essai et revenait à trois longueurs. Une pénalité qui fait donc la différence. Quand on vous dit que les gros matchs se jouent sur des petits détails…

Les joueurs qui sortent du lot : Marchand, Médard, Tekori

Quel match du capitaine Marchand ! Au four et au moulin, le talonneur a livré une très belle prestation notamment en défense. Le vétéran Joe Tekori a comme souvent cette saison fait usage de sa puissance pour casser les premiers plaquages. Il inscrit d’ailleurs le premier essai de son équipe dans son style caractéristique. Parmi les trois quarts toulousains, si Antoine Dupont a fait une bonne partie malgré son erreur sur le premier essai anglais, Maxime Médard a encore réalisé une performance de très haut niveau. Impeccable sous les ballons aériens, l’arrière international n’a de cesse tenté des relances depuis son propre camp. Si Jacques Brunel réfléchissait encore à son arrière titulaire pour le tournoi des 6 nations, nul doute que le nouveau bon match de Médard pèsera dans le choix final du sélectionneur.

La question à chaud : est-ce le meilleur tirage pour le Stade toulousain ?

Bien malin était celui qui avait pronostiqué le bon adversaire de Toulouse en quarts de finale avant la rencontre. Avec la victoire sans sourciller du Leinster sur la pelouse des Wasps, les Toulousains avaient trois adversaires possibles : le Leinster, si victoire bonifiée, les Saracens si défaite et enfin le Racing si la victoire était acquise sans bonus offensif. Longtemps, on a cru que les « Rouge et Noir » s’imposeraient avec le bonus offensif, tant la première période fut dominée par les joueurs d’Ugo Mola. Cependant, en gérant et en baissant considérablement leur niveau dans le second acte, Toulouse s’est fait peur mais affrontera bien le Racing à la U Arena le 30 ou 31 mars.

Au final, cette victoire courte mais précieuse est sans doute le meilleur résultat possible. Car on ne va pas se mentir, défier le Leinster ou les Saracens dans leur antre, c’est mission impossible ou presque. Les Toulousains se sont frottés le 12 janvier dernier aux Irlandais du Leinster, tenants du titre et sont repartis de Dublin avec les valises bien pleines malgré un bon match (29-13). Le Racing apparait donc comme le meilleur tirage possible. Malgré un parcours impeccable en Coupe d’Europe, les Racingmen semblent moins impressionnants que les saisons passées. Quoi qu’il en soit, c’est un quart de finale alléchant et très ouvert qui se profile et qui pourrait permettre à Toulouse de retrouver les demi-finales pour la première fois depuis 2010-2011. Le retour du bon vieux temps.