A 20h30, l’équipe de France de handball, dirigée par Didier Dinart, s’apprête à défier l’équipe de Corée unifiée, pour leur 3ème match du Mondial en Allemagne. Au delà de l’enjeu sportif, la rencontre est aussi symbolique. C’est la première fois dans une compétition que les deux Corées présentent une équipe de sport masculine commune.

Réunis depuis le 22 décembre dernier, les joueurs nationaux de handball de Corée du Sud et de Corée du Nord ne forment plus qu’une seule entité. Maillot noir, drapeau blanc et bleu, le groupe de 20 joueurs, composé de 16 joueurs sud-coréens contre 4 nord-coréens est l’attraction de cette phase de poule du Mondial. Pas vraiment pour l’exploit sportif, la fédération de Corée du sud n’étant classé que 19ème mondiale, tandis que son homologue nord-coréen ne tient même pas de rang officiel. C’est davantage pour sa portée historique que cette sélection fait parler d’elle.

Une initiative sportive en faveur de la paix

En situation de guerre déclarée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les relations diplomatiques entre les deux Corées se sont réchauffées ces derniers mois sur le plan politique. La tendance étant au rapprochement, les deux gouvernements ont décidé de fusionner leurs effectifs nationaux, dans certaines disciplines sportives, à l’occasion de compétitions internationales. C’est le cas lors de cette édition du Mondial de hand, la Corée du Sud ayant déjà validé son ticket.
Une « greffe » sportive qui semble bien se dérouler, puisque les joueurs sont logés dans le même établissement berlinois.

Immersion totale

Entraînements communs, quartiers libres, les joueurs partagent tout de leur quotidien le temps de la compétition, sous l’oeil du staff -lui aussi unifié- encadré par le coach du Sud Cho Young-shin. Même si les différences culturelles demeurent entre les joueurs, l’alchimie semble opérer :

« Nous nous sommes sentis un peu éloignés les uns des autres lorsque nous avons rencontré les Nord-Coréens pour la première fois. Mais nous nous sommes rapprochés au cours des jours passés ensemble et nous sommes devenus amis. »

Jung Su-young, capitaine de l’équipe, à la Deutsche Welle

La fédération de handball sud-coréenne reste cependant assez discrète sur l’avancée de l’intégration des quatre joueurs nord-coréen. Difficile de savoir s’ils sont surveillés et contrôlés dans leurs échanges avec leurs nouveaux coéquipiers. Plusieurs membres de la diplomatie sud et nord coréenne sont présents depuis le début du tournoi.

Sportivement, les Bleus double tenants du titre ne devraient pas rencontrer trop de problèmes. La technicité des joueurs coréens, malgré leur excellente préparation physique, apparaît modérée aux yeux des observateurs.