Il n’y aura pas une, mais deux personnalités pour piloter le grand débat national voulu par Emmanuel Macron, sur fond de conflit social entre le gouvernement et le mouvement des gilets jaunes. Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon, respectivement ministre chargé des Collectivités territoriales et secrétaire d’État à l’écologie, devront veiller au bon déroulement du dialogue entre l’État et les français.

La nomination de Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon intervient dans un contexte déjà tendu, avant même le lancement du grand débat national le 15 janvier prochain, promis par le chef de l’État, en réponse à la grogne d’une partie de la population française. Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) avait du renoncer à assurer la fonction, face aux vives polémiques sur le montant de son salaire (NDLR : environ 14700 euros bruts par mois)

Partage des tâches

Cette consultation nationale prévoit quatre grandes thématiques sur lesquelles les français seront consultés, pouvant notamment déposer leurs doléances en mairie : fiscalité et dépenses publiques, organisation de l’État et des services publics, transition écologique, et démocratie et citoyenneté. Sébastien Lecornu, homme de terrain habitué, veillera à la bonne mobilisation des élus tout en assurant la logistique des débats, partout en France. Emmanuelle Wargon quant à elle supervisera l’organisation générale et la mobilisation de la société civile.

Deux personnalités d’État déjà confrontées aux gilets jaunes

Ces deux noms n’ont sûrement pas été choisis au hasard par le gouvernement. Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon ont déjà eu plusieurs confrontations avec des gilets jaunes. Le premier, ancien membre des Républicains a eu un vif débat avec plusieurs d’entre eux à propos des violences policières, la semaine dernière dans les Hautes-Alpes.

Emmanuelle Wargon a quant à elle participé à plusieurs plateaux de télévision. Elle a notamment été interpellée sur LCI par le gilet jaune Maxime Nicolle, particulièrement influent sur les réseaux sociaux, sur la question des salaires perçus par les ministres.

Reste désormais à savoir si les français répondront présents au débat, via des plateformes spécialisées, ou par les carnets de doléances en mairie.