En novembre, les juges pour enfants du tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis lançaient un appel au secours. Le manque de moyens colossal auquel ils doivent faire face met en danger de nombreux mineurs. 

Maltraités ou délaissés par leurs parents, en France, 240 000 enfants sont identifiés en danger et protégés par la justice. Mais pour les juges du tribunal de Bobigny, il est temps de se faire entendre et de tirer la sonnette d’alarme face au manque de moyens auquel ils sont confrontés. Mesures ordonnées, placements en foyers ou encore accompagnements par un éducateur, ces démarches essentielles à la protection de l’enfant mettent parfois des mois avant d’être appliquées. Sur France 2, une jeune fille victime des troubles psychiatriques de sa mère a d’ailleurs témoigné. Il y a un an et demi, l’adolescente désormais majeure, se réfugiait dans un foyer en attente d’un rendez-vous avec son éducatrice. Pour elle, ce fût une longue période de solitude et de détresse et elle n’est pas la seule.  

900 mineurs attendent en Seine-Saint-Denis 

En 2017, près de 3 900 enfants en danger ont été signalés dans le département, soit 12% de plus en un an. Et si les mineurs de la Seine-Saint-Denis sont soumis aux mêmes lois et ont les mêmes droits que tous les autres enfants de France, ils ne bénéficient pas de la même protection et pour cause, les manques de moyens et délais de traitement : « Il s’écoule jusqu’à dix-mois entre l’audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge des enfants et l’affectation de suivi à un éducateur. Près de 900 mesures, soit 900 familles, sont dans l’attente » s’inquiètent les juges des enfants de Bobigny. Aujourd’hui, c’est un véritable appel au secours que transmettent ces quinze juges des enfants de Bobigny. Tous demandent une aide financière de l’État pour pouvoir protéger, sans délai, tous les enfants en danger. Ils ajoutent : « Des enfants mal protégés, seront davantage d’adultes vulnérables, de drames humains, de personnes sans abri et dans l’incapacité de travailler. Ce seront davantage de coûts sociaux, de prises en charge en psychiatrie, et ce n’est plus à prouver, de passages à l’acte criminel. La société de demain le paiera. »