Sortie de conscience environnementale pour le Brésil

Président du Brésil élu depuis Octobre 2018. Crédit photo : Wikipédia.
Président du Brésil élu depuis Octobre 2018. Crédit photo : Wikipédia.

Alors qu’il était le seul candidat pour accueillir la COP 25 en 2019, le Brésil s’est vu retirer son offre. Le pays a annoncé mercredi 28 novembre qu’il renonçait à organiser le rassemblement. Cette information est parue la veille de la COP 24 qui se déroulera à Katowice, en Pologne, du 03 au 14 décembre prochain. La décision du président Jair Bolsonaro, homme d’extrême droite connu pour ses positions radiales concernant le développement durable, n’étonne pas les partis en présence.

C’est un coup dur pour le gouvernement polonais qui accueille dans quatre jours l’événement. Le ministère des affaires étrangères brésilien a justifié la décision. Elle aurait été prise « En raison de restrictions budgétaires (…) et du processus de transition avec la nouvelle administration qui prendra ses fonctions le 1er Janvier 2019 », selon un communiqué transmis mercredi à l’AFP. Avant l’élection de son président en octobre, le Brésil s’était pourtant battu pour accueillir l’événement.

Pour rappel, l’objectif de l’Accord de Paris signé en 2015 durant la COP 21, est de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de 2 degrés Celsius. Lors de sa campagne électorale, le président brésilien avait déjà exposé son envie de sortir de cet accord. Ce refus de devenir l’hôte de la COP 25 n’est donc pas une surprise. Une annonce de l’Observatoire du Climat (réseau d’ONG basée au Brésil) déplore : « C’est lamentable, mais pas surprenant ». Leur hypothèse est que cette décision est « probablement due à une opposition de l’équipe du président élu, qui a déclaré la guerre au développement durable à maintes reprises. »

« Poumon vert de la planète » – met en valeur le rôle des grands systèmes végétaux et la biodiversité, essentiel pour l’équilibre terrestre. Crédit photo : Wikipédia.

Une décision à contre-courant d’un engagement mondial

Alors que l’environnement est au cœur des préoccupations, la décision du gouvernement brésilien apparaît comme malvenue. En effet, celle-ci montre le peu de considération que le président accorde au développement durable. La supposition de sortir de l’Accord de Paris effraie les partis, alors que le pays détient 60% de la surface de l’Amazonie, considéré comme le « poumon de la planète ». La forêt est connue pour sa biodiversité mais également pour son statut de première productrice d’O2 et de dioxyde de carbone atmosphérique, essentiel pour la planète.

Nombreux sont les pays qui oeuvrent afin de contrer le changement climatique, mais certains dérogent à la règle. Jair Bolsonaro avait par ailleurs pour projet une fusion des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Il ne verra jamais le jour, craignant des sanctions commerciales de la part des pays soucieux de la déforestation. Le dirigeant climato-septique a, par ailleurs, nommé Ernesto Araujo à la tête de la diplomatie brésilienne – adorateur de Donald Trump – dénonçant « l’alarmisme climatique » considéré comme exagéré.

 

La difficulté est alors aujourd’hui de trouver un nouvel organisateur pour cette 25ème édition. En raison du système onusien de rotation des régions organisatrices, c’est au sein de la région Amérique Latine et Centrale – Caraïbes que doit se dérouler l’événement l’année prochaine.

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